- Juste après la canicule, le périmètre de MaPrimeRénov’ va encore être modifié, avec la suppression des aides pour plusieurs mono-gestes, comme l’isolation.
- Pour obtenir des subventions, il faudra passer par un plus gros chantier de rénovation d’ampleur, plus efficace mais plus cher.
- Mais il y aura peu de bénéficiaires si le budget n’est pas augmenté lors de la prochaine loi de finances, alertent les experts.
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Juin 2026 : la France frappée par une canicule sans précédent
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Officiellement, le gouvernement veut réduire la liste des travaux de rénovation énergétique éligibles aux aides MaPrimeRénov’ pour se concentrer sur les chantiers de rénovation d’ampleur, qui obtiennent de meilleurs résultats en termes de performance énergétique. « On privilégie les rénovations d’ampleur qui changent vraiment la qualité DPE et le
confort d’été
« , commente l’entourage du ministre du Logement Vincent Jeanbrun, alors que ce dernier sujet a été très présent dans le débat public pendant cette deuxième canicule.
Officieusement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à ses équipes gouvernementales de « baisser tous les budgets »
, confirme une source au sein de l’exécutif à TF1. Il faut dire que dans un rapport publié la semaine dernière, la Cour des comptes a rendu un rapport alarmant sur les finances publiques de la France, indiquant que « tous les signaux sont au rouge
« . L’exécution du budget 2026 va « être très compliquée
« , a commenté le ministre de l’Économie Roland Lescure. Un prochain comité d’alerte doit se réunir le 7 juillet, à l’issue duquel de nouvelles économies doivent être annoncées.
La plupart des aides pour les mono-gestes supprimées
La rénovation énergétique n’échappe pas à la logique. Et voilà donc le périmètre de MaPrimeRénov’ une nouvelle fois modifié. « Plus personne n’arrive à tenir le compte, mais c’est au moins le dixième changement
« , raille un spécialiste du secteur.
Cette fois-ci, ce sont les mono-gestes qui sont visés, alors qu’ils avaient un temps été préférés à la rénovation d’ampleur, jugée trop coûteuse pour les finances publiques et les Français. De quoi parle-t-on précisément ?
À compter du 1ᵉʳ septembre 2026, il ne sera plus possible d’avoir des aides si vous faites des travaux sur un seul de ces gestes :
- Isolation (toitures, combles aménagés, fenêtres)
- Poêle à bois, à granulés, insert
- Eau chaude sanitaire seule (chauffe-eau et chauffages solaires – sauf en Outre-mer – de pompes à chaleur dédiées à la production d’eau chaude sanitaire)
- Systèmes de ventilation
Seules les pompes à chaleur sont financées, avec une TVA avantageuse
En revanche, il sera toujours possible d’obtenir des aides pour installer une pompe à chaleur air/eau ou eau/eau (chauffage seul ou chauffage et eau chaude sanitaire), réaliser un audit énergétique, déposer une cuve à fioul ou obtenir l’assistance d’un accompagnateur Rénov’.
Les acteurs qui accompagnent les Français dans ce type de petits travaux ont vivement réagi. « Après des mois de stop-and-go et de pilotage à vue, c’est un nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique »
, estime ainsi Audrey Zermati, directrice stratégie d’Effy. « En prétendant préserver le budget de MaPrimeRénov’, le gouvernement prend le risque de provoquer une ruée de demandes de dernière minute sur les travaux bientôt exclus, avec à la clé un nouvel engorgement du dispositif aussi prévisible que contre-productif
.«
Sans hausse des crédits alloués à MaPrimeRénov’, cette réorientation présentée comme un progrès ne sera rien d’autre que de l’esbroufe.
Sans hausse des crédits alloués à MaPrimeRénov’, cette réorientation présentée comme un progrès ne sera rien d’autre que de l’esbroufe.
Damien Barbosa, coordinateur du collectif Rénovons
Pour les mono-gestes dont les aides sont supprimées, ils pourront toutefois être financés dans le cadre de chantiers de rénovation d’ampleur, qui comprennent au moins six postes de travaux. « Supprimer les mono-gestes pour réorienter la priorité vers la rénovation d’ampleur est une bonne nouvelle »
, réagit Damien Barbosa, du collectif Rénovons. « C’est ce qu’il faut faire, car seuls ces travaux permettront de lutter efficacement contre le chaud, le froid et la hausse des factures
. »
Mais le coordinateur de ce collectif émet des réserves : « Sans hausse des crédits alloués à MaPrimeRénov’, cette réorientation présentée comme un progrès ne sera rien d’autre que de l’esbroufe »
, dit-il, évoquant un budget souhaité de 4 milliards d’euros.
Interrogé sur ce point, le ministère du Logement dit ne pas pouvoir répondre à ce stade, les arbitrages du projet de loi de finances 2027 n’ayant pas été rendus. Mais dans le secteur de la rénovation énergétique, peu croient à une hausse des crédits, quand la tendance est à la baisse.
Un délai de 12 mois pour instruire les dossiers
Faire des chantiers de rénovation d’ampleur avec le même budget, voire moins ? Il y aura moins d’élus. « D’autant que le gouvernement a fait de l’aide à la rénovation d’ampleur une aide peu accessible tant le reste à charge est élevé
« , observe encore Damien Barbosa, entre 7 000 et 12 000 euros selon le niveau de revenus. Par ailleurs, le temps de traitement des dossiers de rénovation globale est très lent : environ 12 mois aujourd’hui, selon plusieurs experts interrogés par TF1.
« Nous assumons un choix de responsabilité : concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces
, répond l’entourage du ministre Vincent Jeanbrun. Une rénovation d’ampleur permet de réduire durablement les factures, d’améliorer le confort d’hiver comme d’été et d’accompagner l’électrification des usages
. »
Sur ce sujet, le gouvernement cherche effectivement à faire coïncider sa stratégie d’électrification du pays et la rénovation énergétique, en mettant tous les efforts sur l’installation de pompes à chaleur (PAC), dont la TVA est passée de 10% à 5,5%.
Une stratégie dénoncée par les spécialistes de la rénovation énergétique, qui rappellent que la consommation d’électricité serait bien moindre pour produire du froid ou du chaud si des travaux de rénovation sont correctement effectués avant.




