- La ministre déléguée à la Pêche et à la Mer était en déplacement dans l’Hérault et le Gard ce lundi.
- Avec un objectif : discuter avec les pêcheurs de Méditerranée après la fronde contre les prix des carburants.
- Car dans cette région, la colère gronde face à des conditions de travail que les pêcheurs jugent de plus en plus délicates.
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Ils ont levé leurs blocages, mais la colère est toujours présente. La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine Chabaud, a rencontré, lundi 21 septembre, des pêcheurs de Méditerranée, dans le Gard et dans l’Hérault, après une semaine de mobilisation contre la hausse des prix du carburant et des conditions de travail dégradées.
Car si le gouvernement a prolongé les aides au carburant pour le secteur, particulièrement impacté par la flambée des prix actuelle, et mis en place un prêt à taux zéro pour soulager les professionnels, en Méditerranée, plusieurs questions délicates restent à trancher : le plan West Med qui réglemente le chalutage dans la région ou les discussions autour des nouvelles autorisations de pêche du thon rouge.
Le plan West Med
Pensé pour favoriser une pêche durable en réglementant le chalutage (nouvelle fenêtre), le plan européen West Med est particulièrement décrié par les professionnels français. Il limite en effet à 180 sorties en mer par an les 42 chalutiers qui œuvrent encore dans le pays et impose des mailles qualifiées de « très larges »
par les acteurs qui, selon eux, laissent passer une grande partie de leurs prises.
Dans une tribune publiée samedi 19 septembre, des maires de ports méditerranéens, de Sète à Nice jusqu’en Corse, ont ainsi appelé « les institutions européennes à ne plus rester insensibles à la détresse des pêcheurs méditerranéens ».
« Depuis plusieurs années, nos pêcheurs ont assumé leur part des efforts nécessaires à la préservation de la ressource. Ils ont accepté et se sont adaptés à toutes les contraintes qui leur ont été imposées : réduction de la flotte, diminution de l’effort de pêche, fermetures de zones et de périodes, renforcement de la sélectivité des engins »,
pointent-ils ainsi dans Nice-Matin
(nouvelle fenêtre),
alors que la profession demande notamment de pouvoir revenir à l’ancien maillage et une hausse des jours de pêche.
La délicate question du thon rouge
L’autre grief porte sur le thon rouge et la répartition des quotas pour cette espèce. Pour l’année 2026, la répartition prévoit 234 tonnes de flexibilité interannuelle en France. Mais sur cette enveloppe, 66% a été attribué à la façade atlantique contre 33% à la Méditerranée, provoquant « une vive incompréhension chez les professionnels méditerranéens »,
dénoncent les maires dans leur tribune.
« Il faut que l’on s’adapte au changement climatique »,
a répondu sur cette question la ministre de la Mer, qui affirme que le thon rouge « remonte vers l’Atlantique et la Manche »,
demandant aux pêcheurs de faire des « propositions »
pour les quotas de 2027. Pour tenter de calmer la colère, Catherine Chabaud a également annoncé donner cinq nouvelles licences d’autorisation de pêche au thon rouge aux acteurs de Méditerranée.
Autres griefs de la profession : un versement trop tardif des aides sur le carburant et des charges administratives trop lourdes. Autant de difficultés rencontrées par les pêcheurs méditerranéens qui s’estiment, aujourd’hui, au bord du gouffre alors que la France est le deuxième producteur européen de produits de la mer, derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, quasi stable (+1%) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.



