La décision du ministre provincial de la pêche dans la province du Tanganyika, Raphael Pungwe, vise à préserver les espèces du lac conformément à la Charte régionale signée en 2005 par la Zambie, la Tanzanie, le Burundi et la RDC.
Mais elle provoque le mécontentement des pêcheurs, rapporte notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho. Ally Kabeza, le président de l’association des pêcheurs du secteur Nord, estime que d’autres mesures auraient dû être prises au préalable.
« Avant cette date, on devrait déjà avoir créé des étangs avec des poissons qui auraient servi durant la période de fermeture, explique-t-il. En plus, le gouvernement devrait faciliter la création de chambres froides et l’importation des vivres qui pourraient y être conservés. Mais rien de tout ceci n’a été fait. Voilà pourquoi nous disons que nous n’allons pas suspendre la pêche. »
« Un débat qui tend vers la révolte »
Un avis que soutiennent également les acteurs de la société civile locale car la mesure ne concerne pas uniquement les pêcheurs. « Les milliers de femmes commerçantes vendeuses de poissons frais, fumés, salés, vont-elles accepter de chômer ? Ça crée un débat qui tend vers la révolte », estime Nathan Mugisho, membre de l’association Umoja Ni Nguvu à Kalemie.
Pour l’autorité du lac Tanganyika, l’organe régional chargé de la protection de la biodiversité, la suspension temporaire de la pêche est salutaire. Mais Ngoy Manga, son représentant en RDC, indique qu’elle doit être précédée par la sensibilisation et la mise en place d’activités alternatives à la pêche. En 2023, les pêcheurs de Kalemie s’étaient déjà opposés à cette décision.











