Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa
En RDC, deux mois après sa réquisition, le Conseil national de cyberdéfense a demandé un nouveau délai, invoquant le niveau élevé de sécurité des appareils, sans avancer de calendrier précis. Une demande rejetée par la Haute Cour militaire brandissant le principe de célérité de la procédure pénale. La juridiction a donc ordonné la restitution des appareils et annoncé la clôture des débats.
Bien avant, d’autres services de sécurité et de renseignement avaient échoué à démystifier les téléphones de Yav, ancien commandant de la troisième zone de défense de l’armée qui englobe les provinces instables de l’Est du pays.
Au cœur de ce dossier, un sms présumé vieux de quatre ans, d’un homme présenté comme un collaborateur du général James Kabarebe, un des hauts responsables militaires rwandais à l’époque. L’accusation cite ce message comme un élément pouvant établir une collusion avec l’armée rwandaise. Problème : Le général Peter Cirimwami, la personne qui prétendait l’avoir vu dans le téléphone de Philémon Yav, est morte depuis plus d’un an, laissant l’accusation sans élément matériel ni témoin réel.
La défense jubile. « Le tombeau est vide », a lancé Me Carlos Ngwapitshi. En face, l’auditeur général de l’armée se dit prêt à en découdre dans deux semaines.
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