- Arrêté à la mi-décembre dans le Morbihan, l’ex-propriétaire de la banque lituanienne Snoras, a été extradé vers Vilnius par les autorités françaises, selon le parquet lituanien.
- L’homme d’affaires, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen et déjà arrêté par le passé, a été incarcéré sur place.
- Il avait été condamné à plus de dix ans de prison en Lituanie en 2024, notamment pour détournement de fonds et faillite frauduleuse.
Le dossier se referme en France, mais il s’ouvre à nouveau à Vilnius. Le magnat russe Vladimir Antonov, ancien propriétaire de la banque lituanienne Snoras et poursuivi pour détournement de fonds, a été remis à la Lituanie par les autorités françaises, a annoncé ce lundi 25 mai le parquet lituanien.
L’homme d’affaires, âgé d’une cinquantaine d’années, a été arrêté à la mi-décembre 2025 à Baden, dans le Morbihan, en vertu d’un mandat d’arrêt européen (nouvelle fenêtre), puis placé en détention à Rennes. La justice française a accepté début avril de l’extrader vers la Lituanie, selon l’un de ses avocats. Identifié uniquement par les initiales « VA », il a finalement été transféré vendredi à Vilnius, où il a été incarcéré.
Un long feuilleton judiciaire… à travers l’Europe
Vladimir Antonov a été condamné en 2024 par un tribunal lituanien à dix ans et six mois de prison pour détournement de fonds, dilapidation, faillite frauduleuse, recel de biens acquis illégalement, comptabilité frauduleuse et falsification de documents. Les faits reprochés remontent à la période 2008-2011, au cours de laquelle l’homme d’affaires contrôlait Snoras, alors quatrième banque de Lituanie. Un autre dirigeant de la structure a aussi été condamné dans le même dossier.
Un mandat d’arrêt a ensuite été émis à l’encontre du magnat russe en décembre 2025, notamment pour corruption, blanchiment et banqueroute, avec un préjudice total d’au moins 478 millions d’euros. Mais c’est en réalité le second déclenché contre le Russe, né en 1975. Sous le coup d’un premier mandat d’arrêt lancé par la Lituanie, Vladimir Antonov avait été arrêté une première fois en 2011, cette fois au Royaume-Uni. Il avait été libéré sous caution, mais cette décision avait été révoquée par la suite. Il avait alors quitté la Grande-Bretagne par crainte pour sa vie en 2015, selon ses avocats.
Lors de cette arrestation, il était déjà reproché au magnat des faits de détournement de fonds ou encore de tenue frauduleuse de comptabilité. Aux côtés de son partenaire commercial lituanien, Raimondas Baranauskas, il était soupçonné d’avoir siphonné les actifs et fonds de Snoras, nationalisée en novembre 2011 en raison de difficultés financières. À l’époque, sa fortune personnelle était quant à elle estimée à 380 millions de dollars.
« Je ne serai pas en sécurité » : le suspect avait refusé son transfert
Vladimir Antonov a débuté sa carrière en 1998, à l’âge de 23 ans. Tandis que la Russie était touchée par une de ses pires crises financières, il a racheté avec son père une petite banque. Il a ensuite pris au début des années 2000 le contrôle d’une série d’établissements bancaires en Russie et à l’étranger, parmi lesquels la lituanienne Snoras et la lettone Latvijas Krajbanka. Au fil de son parcours, il a aussi tenté de racheter le constructeur automobile suédois Saab, et a été brièvement propriétaire du club de football anglais de Portsmouth.
Lors d’une audience à Rennes le 2 avril dernier, Vladimir Antonov a dit craindre d’être extradé vers la Lituanie. « Là-bas, je ne serai pas en sécurité »
, a-t-il assuré devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes. En acceptant l’extradition vers Vilnius, la juridiction « n’a manifestement pas pris en considération le risque concret d’atteinte à la vie encouru par Monsieur Antonov en Europe de l’Est »
, a insisté l’un de ses avocats, Henry Ermeneux.
Fin janvier, à l’issue d’une première audience, la justice française a demandé un complément d’information à la Lituanie, notamment sur les conditions de détention dans la prison de Vilnius. Début avril, l’avocate générale avait finalement estimé que cette prison « correspond parfaitement aux standards européens »
et a requis la remise de l’homme d’affaires aux autorités lituaniennes.











