- La Poste a mis à l’arrêt la distribution du courrier dans un secteur de Vénissieux après une succession de fusillades.
- Pour les habitants, c’est un nouveau service de proximité qui disparaît.
- Une équipe de TF1 s’est rendue sur place.
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Le 13H
À Vénissieux (Rhône), La Poste a pris une décision radicale : elle a suspendu la distribution du courrier dans plusieurs rues du quartier de Joliot-Curie depuis le 3 avril. Une mesure prise à la suite de trois tentatives d’homicide en quelques jours dans le secteur, dont une fusillade survenue en plein jour samedi 11 avril à la mi-journée.
« Garantir la sécurité des agents postaux »
La direction départementale de service postal a annoncé dans un communiqué diffusé vendredi 17 avril « suspendre la distribution du courrier et des colis »
dans deux portions de rues afin de « garantir la sécurité des agents postaux »
, confirmant une information de Lyon Mag
.
« La distribution reprendra quand les conditions de sécurité de nos facteurs seront réunie
s », précise le communiqué. Face au caractère exceptionnel de la situation, la Poste estime « qu’il peut arriver, de manière ponctuelle et limitée, que la distribution soit momentanément suspendue (…) lorsqu’une situation présente un risque »
.
Un bureau de poste à 2 kilomètres
Les habitants doivent désormais récupérer leurs courriers dans un bureau situé à 2 kilomètres, à l’image de Zahia, rencontrée par une équipe de TF1. La succession de violences ces derniers jours l’inquiète, de même que l’accès à de nombreux services publics quotidiens, qui disparaît. « Ils nous ont mis des mots »
, raconte-t-elle dans le reportage en tête de cet article. « Ni poste, ni société, ni l’arrivée de quoi que ce soit. Par exemple l’électricité ou autre, ils ne viennent pas. Qu’est-ce qu’on va faire ? »
, s’interroge-t-elle.
Même les pompiers ont peur de venir, maintenant.
Même les pompiers ont peur de venir, maintenant.
Un habitant de Vénissieux
Au milieu de ces grandes tours, d’autres habitants partagent le sentiment de Zahia. Même si beaucoup n’osent pas témoigner par crainte, ceux qui ont pu le faire évoquent une insécurité quotidienne. Certains ne se sentent « pas bien par rapport à ce qu’il se passe »
, résume une femme souhaitant conserver son anonymat.
Les habitants du quartier redoutent l’isolement qui se met en place. La suspension du service postal n’est qu’un symptôme supplémentaire d’une zone souffrant de l’absence de services publics. L’un d’entre eux rappelle qu’il n’y a « plus de Trésor public, bientôt il n’y aura plus de commissariat. Il n’y aura plus de mairie alors, si ça continue comme ça. »
Un autre souligne que « même les pompiers maintenant ont peur de venir. Il y a des endroits où on ne veut plus aller. »
Point de deal
Le quartier de Joliot-Curie se situe en effet près d’un point de deal disputé entre trafiquants de drogue. Alain Barberis, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale dans le Rhône, dénonce le basculement du narcotrafic vers le narcoterrorisme car « il n’y a pas un jour ou une semaine où on n’a pas des tentatives d’homicide, des intimidations sous forme de radicalisation, de terrorisation, par arme à feu principalement »
.
Renforcement des effectifs de police
Quelles solutions sont mises en œuvre ? La Poste assure de son côté travailler avec la mairie et affirme qu’elle reprendra la distribution du courrier lorsque les conditions de sécurité seront réunies. Des renforts de police et de la BAC ont ainsi été déployés sur le quartier comme lundi lors d’un déplacement dans le quartier du préfet du Rhône délégué à la Sécurité Antoine Guérin qui a annoncé un « très important »
déploiement de forces de police. « Nous n’acceptons pas qu’il y ait une guerre de territoire entre des points de deal »
, a-t-il affirmé.
Une réunion s’est tenue vendredi entre les services de la Ville, le service postal et la police afin de trouver une réponse « permettant à la fois de garantir la sécurité des agents et d’assurer, dans les meilleurs délais, un retour à un service normal du courrier postal »
, espère Idir Boumertit, le maire (LFI) de la commune.




