mardi, juin 9

  • Des pays occidentaux, dont la France, ont annoncé de nouvelles sanctions ce mardi contre des entités et des individus israéliens.
  • Ils sont impliqués dans les violences et l’expansion illégale des colonies en Cisjordanie occupée.
  • Les autorités israéliennes ont fustigé une « tentative d’imposer une position politique ».

Les colonies israéliennes dans le viseur de plusieurs chancelleries occidentales. Plusieurs pays – dont la France et le Royaume-Uni – ont sanctionné ce mardi 9 juin des entités et des individus impliqués dans les violences et l’expansion illégale des colonies en Cisjordanie occupée. Des mesures qualifiées de « honteuses » par Israël.

« Nous avons agi de concert pour mettre en place des sanctions et d’autres mesures afin que les colons extrémistes rendent des comptes pour les terribles violences qu’ils commettent contre des civils palestiniens« , indiquent dans un communiqué conjoint l’Australie, le Canada, la France, la Norvège et le Royaume-Uni. Avant de poursuivre : « Il y a trop longtemps que les colons agissent presque en toute impunité tandis que l’expansion des colonies et la création d’avant-postes se poursuivent avec le soutien et l’aide du gouvernement israélien. »

Paris dénonce « une menace considérable sur la solution à deux États »

Ce train de mesures (gel des avoirs, interdiction de territoire…) varie d’un pays à l’autre. La France, elle, a décidé de sanctionner « quatre responsables d’organisations de colons et 21 colons violents« , sans préciser lesquels. Paris a aussi décidé d’interdire son territoire au ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, après une mesure similaire prise fin mai contre le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l’extrême droite. Elle rejoint ainsi le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège qui avaient sanctionné ces deux ministres en juin 2025, les accusant d' »incitation à la violence » contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. 

« Bezalel Smotrich promeut activement l’annexion de la Cisjordanie, qu’il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne« , a déploré sur X le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot. Le ministre avait déjà dénoncé dimanche le projet E1 lancé par le gouvernement israélien pour construire des milliers de logements sur une zone de 12 km² en Cisjordanie, qui compromettrait la continuité territoriale d’un éventuel État palestinien. Ce projet « représente une menace considérable sur la solution à deux États« , a-t-il souligné sur RTL, avant une réunion internationale consacrée à cette question prévue vendredi à Paris.

Demandant au gouvernement israélien d’agir « rapidement » pour garantir que « les auteurs des violences en Cisjordanie rendent véritablement des comptes« , les cinq pays se disent prêts, le cas échéant, à « prendre de nouvelles mesures« . Israël a aussitôt dénoncé des « mesures honteuses« , prises dans une « tentative d’imposer une position politique concernant le droit des Juifs à s’installer sur la terre d’Israël et au sujet du conflit israélo-palestinien« , a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Oren Marmorstein.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023. Depuis cette date, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte à partir de données de l’Autorité palestinienne. Dans le même temps, d’après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d’opérations militaires israéliennes.

T.G.

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