mardi, juin 9

La production industrielle allemande est repartie légèrement à la hausse en avril pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, selon des données officielles publiées mardi, mais les analystes avertissent que ce rebond d’un mois masque une réalité bien plus sombre pour la première économie européenne.

Selon l’office fédéral de la statistique, Destatis, la production a augmenté de 0,4 % en avril par rapport au mois précédent, portée principalement par le secteur de la construction.

Cette évolution met fin à une série de reculs qui remontait à novembre dernier, mais rares sont ceux qui y voient un véritable tournant.

Selon Carsten Brzeski, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez ING, dans une note publiée mardi, le chiffre d’avril est « tout simplement insuffisant », la production ayant en fait stagné sur les quatre premiers mois de 2026 et restant encore environ 12 % en deçà de son niveau d’avant la pandémie.

Le chiffre global a été soutenu par une hausse encourageante de l’activité dans la construction, en progression de 2,4 % d’un mois sur l’autre.

Les exportations ont également créé la surprise à la hausse, gagnant 0,9 % par rapport au mois précédent, après 0,5 % en mars, même si l’excédent commercial a peu bougé, les importations augmentant encore plus rapidement.

Ce qui apparaissait encore il y a quelques mois comme les bases d’une année prometteuse, avec un moral en amélioration, des carnets de commandes qui se remplissaient et une impulsion budgétaire majeure en faveur de la défense et des infrastructures sous la houlette du chancelier Friedrich Merz, a de nouveau laissé place au doute.

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L’arrière-plan des chiffres d’avril est particulièrement sombre.

Selon les analyses d’ING, l’Allemagne reste l’un des plus grands importateurs nets d’énergie d’Europe, environ 6 % de ses importations de pétrole provenant de pays du Moyen-Orient, tandis que les industries à forte intensité énergétique, qui emploient près d’un million de personnes, représentent environ 17 % de la valeur ajoutée brute industrielle.

Le conflit a fait flamber les prix de l’énergie, l’inflation en Allemagne étant montée à 2,9 % sur un an en avril, son plus haut niveau depuis janvier 2024, sous l’effet de prix de l’énergie plus de 10 % supérieurs à ceux d’il y a un an.

En avril, le gouvernement allemand a revu de moitié sa prévision de croissance pour 2026 et n’anticipe plus qu’une hausse de 0,5 % du PIB.

Les chiffres de la production publiés mardi faisaient suite à un rapport sur les commandes particulièrement décourageant, diffusé la veille. Les nouvelles commandes dans l’industrie manufacturière ont reculé de 3,8 % en avril par rapport au mois précédent, selon les données provisoires de Destatis.

Le secteur automobile a été parmi les plus touchés, avec des commandes en baisse de plus de 5 %, tandis que les fabricants de matériel électrique et de machines enregistraient eux aussi de fortes chutes. Les commandes étrangères ont reculé de plus de 4 %, et les commandes domestiques de près de 3 %.

Des bobines d’acier sur des wagons avant leur transport depuis l’usine principale du sidérurgiste en difficulté ThyssenKrupp, à Duisbourg (Allemagne), en février 2025 – AP Photo/Martin Meissner

Selon Brzeski, d’ING, ce qui avait été un boom des commandes industrielles après l’été dernier, avec quatre mois d’affilée de hausses mensuelles de plus de 4 %, s’est brutalement inversé en 2026, les commandes reculant de plus de 2 % en moyenne chaque mois jusqu’en avril.

L’élan lié au stockage de défense sur le marché intérieur et aux précommandes dans les chaînes d’approvisionnement s’est, pour l’heure, évaporé.

Compte tenu de l’ampleur des dommages subis par les capacités de production dans la région et des retards accumulés en raison des goulets d’étranglement dans l’approvisionnement en énergie et en matières premières, tout retour à la normale devrait prendre beaucoup de temps, selon le ministère fédéral allemand de l’Économie.

Brzeski en conclut que le rebond industriel attendu pour 2026 ne s’est pas matérialisé, décrivant, dans une note, un climat fait de « grands espoirs et de rêves brisés », un thème qui, selon lui, devrait perdurer dans les semaines à venir.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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