mardi, juin 23

  • Plusieurs géants de la grande distribution lancent une campagne de communication inédite face aux industriels.
  • Ces enseignes assurent que, sans leur intervention, le panier de courses moyen serait bien plus cher.
  • Le Sénat examine actuellement la loi d’urgence agricole censée encadrer les négociations commerciales.

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Le 20H

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Ces prochains jours, vous risquez de croiser de drôles d’affiches dans les rayons des supermarchés. La grande distribution a lancé une campagne de communication agressive visant à pointer du doigt certains industriels qui réclameraient des hausses de prix disproportionnées. 

Pour dénoncer ces demandes des grandes marques, la distribution a réalisé un panier moyen composé de 12 produits. Son coût moyen actuel en rayon ? 52 euros. Mais selon les chiffres avancés, sans négociation commerciale, il aurait coûté 71 euros, 19 de plus. « Je pense qu’ils ont raison parce qu’en général, on a vu que surtout au niveau des gâteaux, des confiseries, ça a vraiment augmenté », déplore un jeune client dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. « Un euro, plus un euro, plus un euro, au fil des semaines, ça chiffre vite sur le portefeuille », lance un autre. 

TF1

Par exemple, pour les biscuits Granola, le prix moyen observé est de 2,81 euros actuellement. Si la grande distribution avait cédé aux demandes de son fabricant, elle assure que le prix aurait été de 4,75 euros. « Qu’est-ce que ça vous inspire ? », demande notre journaliste à un client. « De la méfiance. Je ne crois pas en ce que disent les leaders de la grande distribution. Leur objectif, c’est de faire du profit et rien d’autre, donc partant de là, je n’ai rien à dire », rétorque-t-il. 

L’image est plutôt rare. Leclerc, Carrefour et Intermarché étaient main dans la main lundi après-midi pour faire pression contre une éventuelle loi qui pourrait brider leur capacité à négocier avec les industriels. « Toute nouvelle disposition qui viendrait encore fragiliser notre capacité de négociation aura une conséquence immédiate sur le retour d’une inflation alimentaire et sur le pouvoir d’achat des clients », prévient Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, face à notre caméra. 

Les marques ciblées par la grande distribution ont été contactées par notre équipe. Par l’intermédiaire de leurs représentants, elles dénoncent la pression sur les prix. « Ce que demandent les industriels en fait, c’est de mettre fin à ce chantage qui est de toujours, toujours, toujours baisser les prix. Alors qu’objectivement, quand vous augmentez les salaires, quand vous faites des investissements dans les usines, il y a des raisons pour lesquelles vous devez parfois passer des hausses », défend Nicolas Facon, président-directeur général de l’ILEC (Institut de liaisons des entreprises de consommation). 

Cette bataille entre industriels et grande distribution a lieu alors que le Sénat examine actuellement la loi d’urgence agricole, censée encadrer ces négociations commerciales.

La rédaction de TF1info | Reportage Pierre GALACCIO, Colin DOBRONIAK-COHEN

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