lundi, septembre 21

Agir sur les aides mais aussi sur les approvisionnements en carburants : Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu vont tenter cette semaine de calmer la grogne sociale consécutive à la flambée des prix à la pompe – qui est devenue un sujet central de la campagne présidentielle.

Le Premier ministre tient lundi 21 septembre deux réunions avec des ministres : l’une le matin avec les directeurs d’administrations centrales sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, et l’autre l’après-midi dédiée à « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français face à l’envolée des prix.

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Emmanuel Macron sera, lui, interviewé jeudi à 20 h par TF1 et France 2, dans un contexte où le chef de l’État multiplie les alertes sur les tensions géopolitiques, qu’il s’agisse de la Russie ou du Moyen-Orient. Il a déjà réuni vendredi les chefs de parti ou candidats à la présidentielle, dressant un tableau durable de la menace « hybride » russe et de la crise des prix des carburants.

Dans cet environnement international très contraint, le gouvernement étudie les modalités de nouvelles aides pour compenser les prix à la pompe, qui se sont encore envolés ce week-end, outre ceux de certains produits alimentaires percutés par la sécheresse qui touche le monde agricole.

« Aides ciblées » et faible marge de manœuvre

Le prix du gazole évoluait dimanche à près de 2,41 euros en moyenne en France, selon une analyse par l’AFP des données publiques, un nouveau record en pleine crise géopolitique où les approvisionnements sont fortement perturbés.

Cette flambée des prix alimente une grogne sociale qui s’est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée. Plusieurs candidats à l’Élysée ou responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l’époque contre l’augmentation d’une taxe sur les carburants, alors que cette fois l’inflation tient à une guerre lointaine, insiste l’exécutif.

Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s’annonce record l’an prochain et des taux d’intérêt qui grimpent.

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Le gouvernement a déjà prolongé jusqu’à la fin de l’année les aides aux secteurs les plus exposés, notamment l’agriculture, le BTP et les pêcheurs. Et il travaille sur un nouveau dispositif pour succéder au 1er octobre à l’aide de 100 euros aux « gros rouleurs », à laquelle seule une petite moitié des trois millions de Français éligibles ont eu recours.

« La philosophie restera la même. Des aides ciblées à destination des Français qui travaillent, qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture », a souligné sur LCI la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.

« Ce que je vais plaider, c’est que déjà ceux qui ont eu l’aide puissent avoir, si on la prolonge, une aide supplémentaire automatiquement », a précisé sur France Inter le ministre de l’Économie Roland Lescure. Selon lui, ce sera décidé « dans la journée » – alors que Maud Bregeon est restée plus floue sur le timing de l’annonce.

« Trouver des solutions » d’approvisionnement

Mais il ne s’agit que d’une des pistes étudiées, alors que l’exécutif insiste sur les problèmes d’approvisionnements à venir, exposant au passage les dépendances de la France toujours très grandes aux énergies fossiles importées.

« Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétudes » d’approvisionnement en France, a expliqué Roland Lescure, du fait de « stocks stratégiques à plein » mais le gouvernement doit « s’assurer » de « trouver des solutions » si le conflit au Moyen-Orient dure, car au niveau mondial, « on est en train de puiser dans les stocks ».

« Ce qui se passe aujourd’hui au Moyen-Orient, c’est 10 millions de barils par jour qui manquent sur le marché mondial », a rappelé Maud Bregeon. L’exécutif pointe notamment des risques pour le jet-fuel (kérosène) utilisé par les compagnies aériennes, ou le gazole, très consommé en France, tandis que la question du gaz pourrait se poser à l’approche de l’hiver.

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Le Premier ministre « réfléchit à une séquence énergétique sur l’ensemble de l’hiver qui soit soutenable budgétairement » et « s’inscrive dans le temps long », souligne son entourage.

Emmanuel Macron multiplie pour sa part les contacts diplomatiques pour trouver des routes alternatives aux hydrocarbures qui transitaient par les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb – désormais affectés par la guerre.

Il a ainsi rencontré dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon le Premier ministre canadien Mark Carney, gros producteur de pétrole et de gaz. « Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié (…) sont importants pour notre Europe et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays », a souligné Emmanuel Macron.

Avec AFP

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