Les sondages s’enchaînent à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle et semblent tous pointer vers une question au soir du premier tour: qui pour affronter le champion du RN et avec combien de points de retard à rattraper?
Une nouvelle étude réalisée par Ifop-Fiducial pour Sud Radio et Le Figaro, publiée ce mercredi 5 mars, livre une photographie actuelle des intentions de vote du premier tour explorant dix configurations avec une constante: plus d’un tiers des voix iraient au Rassemblement national.
• Le Rassemblement national écrase la concurrence
Le RN, qu’il soit représenté par Jordan Bardella ou Marine Le Pen, surdominerait le premier tour de l’élection présidentielle s’il se tenait ce dimanche. Selon ce sondage, le président du parti ferait mieux que l’actuelle patronne des députés RN à l’Assemblée nationale.
Jordan Bardella récolterait entre 36 et 38% des suffrages selon les cas de figure, quand Marine Le Pen ferait toujours largement course en tête mais avec un score autour de 34 à 35%.
La décision dans le procès en appel de Marine Le Pen et du RN sera rendue le 7 juillet prochain. Le parquet général a notamment requis le 3 février dernier cinq ans d’inéligibilité contre cette dernière, qui joue une quatrième candidature à l’élection présidentielle. La cheffe de file de l’extrême droite a d’ores et déjà indiqué qu’elle se déciderait dès l’annonce de la décision d’appel, sans attendre un éventuel arrêt de la cour de cassation.
• Édouard Philippe, plus sérieux prétendant au second tour
Face à eux, le bloc central, qui se cherche toujours son champion -unique ou non- au premier tour, voit en la candidature d’Édouard Philippe son meilleur espoir d’espérer conserver la présidence de la République en 2027.
Que ce soit face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen, le maire du Havre candidat à sa propre réélection en mars prochain et qui a conditionné sa présence sur la ligne de départ à une victoire en Normandie, se qualifierait au second tour avec 16% des voix dans le cas où il serait opposé aussi à Bruno Retailleau.
En revanche, s’il était désigné comme unique candidat de la droite et du centre, l’écart avec le RN se réduirait. Édouard Philippe récolterait alors 23% des suffrages, rattrapant un peu son retard et creusant la distance avec ses principaux concurrents (Jean-Luc Mélenchon à 12% et Raphaël Glucksmann à 11%).
Autre argument de poids, celui qui a, selon un sondage BFMTV, les faveurs de son camp pour représenter les couleurs de l’après-Macronie est, pour le moment, le seul capable de qualifier le socle commun au second tour. Selon ce sondage de l’Ifop, Gabriel Attal ne terminerait que quatrième (11-10% selon qu’il s’agisse en face de Jordan Bardella ou Marine Le Pen) derrière Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau (12%) qui s’affronteraient pour la deuxième place.
Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, eux aussi testés, pèseraient encore moins dans la balance avec respectivement 8% et 6% des voix au premier tour s’ils représentaient leur camp. Ils se classeraient cinquième derrière Jordan Bardella (37%), Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau (13%), puis Jean-Luc Mélenchon (10%).
À noter que si Bruno Retailleau représentait l’ensemble du bloc central, il récolterait 17% des voix et arriverait en deuxième position juste devant Raphaël Glucksmann (16%).
• Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann en embuscade
Quid de la gauche? Jean-Luc Mélenchon, le leader de LFI arrivé en troisième position en 2022 avec 21,95% des suffrages exprimés, conserve une base stable de voix le permettant selon les scénarios d’espérer dépasser ses adversaires lors d’une campagne pour laquelle il n’a cependant pas -encore- officialisée sa candidature.
Selon ce sondage, ce dernier ne réaliserait le meilleur score de la gauche que lors de trois configurations: s’il devait notamment faire face au candidat unique du centre et de la droite Édouard Philippe (12%, 3e position), à François Hollande (11%, 3e position) ou à Olivier Faure (11%, 3e position). Toujours selon cette même enquête d’opinion, il n’atteindrait dans aucun scénario le second tour.
Le seul moyen pour la gauche d’espérer atteindre le duel face au RN? La candidature de Raphaël Glucksmann, selon ce sondage, ferait 12% au premier tour et se situerait en deuxième position à égalité avec Bruno Retailleau s’il était opposé à Gabriel Attal ou tout autre candidat qu’Édouard Philippe représentant le bloc central.
La qualification au second tour de la présidentielle serait alors à un niveau historiquement bas autour des 12-13% laissant, avec les aléas de la campagne, la porte ouverte aux qualifications.
Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes et candidate à la primaire de la gauche unie, réaliserait un score entre 4 et 5%. Fabien Roussel, secrétaire général du PCF, s’établirait autour des 2 à 3%, quand Nathalie Arthaud est créditée de 1 à 2% des suffrages.
Article original publié sur BFMTV.com











