- Emmanuel Macron a annoncé jeudi l’envoi de « moyens militaires » pour « protéger » le site stratégique de Yanbu.
- Ces installations du géant pétrolier Aramco en Arabie saoudite sont visées par des missiles tirés par les Houthis pro-iraniens.
- TF1info vous explique pourquoi ce terminal pétrolier sur la mer Rouge est si important dans les exportations de pétrole vers l’Europe.
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Moyen-Orient : avec la guerre, les prix des carburants et du gaz s’envolent
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La France va intervenir militairement en Arabie saoudite. Face à la crise des carburants et à la tension des marchés pétroliers, Emmanuel Macron a annoncé jeudi 24 septembre sur TF1 et France 2 l’envoi de « moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger »
le terminal pétrolier de Yanbu, « pas nous engager dans quelque conflit mais protéger ce site »
, maillon essentiel du réseau énergétique saoudien visé par des attaques de missiles tirés du Yémen voisin par les Houthis pro-iraniens.
Le président de la République, qui n’a pas écarté l’envoi d’avions de combat Rafale en fonction de l’évolution de la situation, a rappelé que « plus de 5 millions de barils sortaient chaque jour il y a quelques semaines »
de ce site situé sur la mer Rouge. Ce qui constitue l’équivalent d’environ 4,5% du brut traité par les raffineries mondiales en 2025, selon le cabinet spécialisé Kpler.
Une position géographique clé pour contourner les détroits bloqués
Si ces installations gérées par le géant pétrolier saoudien Aramco sont visées, c’est parce qu’elles occupent une position stratégique clé sur la côte ouest du royaume. Un oléoduc de 1.200 kilomètres permet de relier la ville portuaire à Abqaiq, l’un des plus importants gisements pétroliers d’Arabie saoudite, qui se trouve sur la côte est, à proximité du Golfe persique et de l’Iran.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ce pipeline Est-Ouest s’est avéré vital pour contourner le détroit d’Ormuz, de facto verrouillé par l’Iran et par lequel transitait environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Même si ses capacités ne permettent pas de compenser les flux maritimes paralysés, il permet en outre d’éviter le détroit de Bab el-Mandeb, au sud de la mer Rouge entre Djibouti et le Yémen, où les rebelles houthistes imposent un blocus maritime aux tankers saoudiens.
Yanbu encore ciblé jeudi par les Houthis
Sauf que le « Petroline » est à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak, selon Riyad, entraînant l’arrêt des exportations de brut vers l’Europe depuis Yanbu, également ciblé par les Houthis. Jeudi soir, les combattants pro-iraniens ont encore revendiqué des attaques contre ces installations, tandis que les défenses aériennes saoudiennes ont de leur côté annoncé avoir abattu six missiles visant les régions de Taïf et de Yanbu, sur la mer Rouge.

En proposant les services militaires de la France, Emmanuel Macron espère desserrer l’étau autour de cette voie d’acheminement majeure et œuvrer à la détente des marchés pétroliers. « Dès qu’on détend un de ces endroits, l’impact est immédiat sur le prix à la pompe. Vous le voyez en deux jours »
, a indiqué le président français.
En revanche, le chef de l’État l’a assuré : il n’est pas question de « nous engager dans quelque conflit »
, et de rentrer en guerre avec les Houthis. Emmanuel Macron a ainsi insisté sur le rôle purement défensif des forces militaires déployées, malgré les critiques des oppositions politiques dans l’Hexagone, notamment de LFI et du RN.

