- Changer les comportements en proposant des produits biologiques moins chers.
- Le magasin en ligne La Fourche cherche à démocratiser la consommation des produits responsables.
- Cette semaine, Sylvia Amicone reçoit dans « Impact Positif » Nathan Labat, l’un de ses cofondateurs.
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Initiatives environnementales
La consommation des produits biologiques reprend des couleurs. Après un recul important pendant la période de forte inflation en 2023 et une légère baisse des surfaces agricoles biologiques enregistrée par le gouvernement, le marché a connu une reprise de +0,8% en 2024. Dans une infographie (nouvelle fenêtre), le ministère de l’Agriculture précise que la part du bio dans le panier des consommateurs se cantonne à 5,7%. Aujourd’hui, le bio ne représente que 10% des surfaces agricoles.
Nathan Labat a conscience des défis qui attendent encore le bio pour s’imposer dans l’assiette des Français. En 2018, avec deux amis, il fonde le magasin La Fourche pour proposer des produits biologiques moins chers. Il expose ses projets dans le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde, à écouter ci-dessus. L’émission est diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT. « Nous voulions proposer des produits bios et moins chers pour démocratiser la consommation et éviter des coûts pour la société. La croissance de notre entreprise doit rimer avec quelque chose de positif pour la planète et les hommes
. »
Les fondateurs privilégient un système d’adhésion à hauteur de 59 euros par an : « Nous avons dépassé la barre des 160.000 adhérents. Les premières barrières restent le prix et la confiance. Ce système nous permet de sélectionner des produits sains et de qualité. Nous favorisons des produits peu transformés, les plus locaux possibles, avec des ingrédients naturels et sans additifs. Nous échangeons du pouvoir d’achat contre de la fidélité
« , décrit l’entrepreneur. Le catalogue est mince, environ 4.000 produits, de l’alimentaire jusqu’au ménage en passant par la beauté. Mais l’enseigne travaille avec les fournisseurs sur des critères plus exigeants que les labels : pratiques RSE, engagement ou commerce équitable sur des catégories comme le café ou le chocolat par exemple. « Nous avançons avec des partenaires qui partagent notre vision : un bio exigeant, accessible et profondément humain
« , souligne-t-il.
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Colis écologiques et consignes en verre
Chaque année, La Fourche est élue le magasin bio le moins cher du marché. Une distinction qui ravit son cofondateur : « Nous sommes en moyenne 22% moins chers que les prix du marché. Nous sollicitons régulièrement nos adhérents. Ce dialogue nous permet d’adapter le bio à leurs usages réels et non aux tendances. La demande de produits bio et accessibles augmente surtout après des crises alimentaires ou des scandales.
«
Dans les rayons virtuels de La Fourche, aucune mention de plastique : « Nous avons évité plus de 90.000 tonnes de CO2 et la livraison reste trois fois plus vertueuse que si vous allez faire vos courses en magasin en voiture
. » La livraison implique une politique stricte de réutilisation des matériaux d’emballage. « Tous les cartons fournisseurs qui arrivent chez nous sont broyés pour devenir des consommables. Notre livraison zéro déchet, par coursier en sac en kraft consigné et sans emballage, nous permet de développer notre système de consigne en verre
« , décrit l’entrepreneur.
La principale difficulté pour les acteurs du bio reste le manque de soutien des acteurs institutionnels. « Le défi pour nous, c’est de nous maintenir à flot lorsque quelque chose déraille ; il faut éteindre des feux en permanence. Pour l’instant, la guerre au Moyen-Orient ne nous impacte pas, mais certains fournisseurs répercutent déjà la taxe carburant sur leurs produits
« , s’inquiète Nathan Labat. Mais l’entrepreneur se réjouit de contenter 70% de ses adhérents : « Ils nous disent qu’ils ont augmenté leur consommation de produits bios. Nous accentuons leur impact positif au quotidien
. »











