- Que se passerait-il si, pendant un seul jour, sur la planète, les femmes s’arrêtaient de travailler et de réaliser les tâches domestiques ?
- C’est le projet de l’entrepreneuse Marie Eloy. Elle se bat pour que les femmes prennent toute leur place dans la société.
- Dans le podcast « Impact Positif », animé par Sylvia Amicone, elle évoque le mouvement « World With Women » qui prône l’équilibre femme-homme dans toutes les strates de la société.
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Impact positif
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Les chiffres des Nations unies sont éloquents. Au rythme actuel, Il faudra encore 300 ans pour atteindre l’égalité politique (nouvelle fenêtre) entre les femmes et les hommes et 134 ans pour l’égalité économique. Dans le monde, il existe toujours une inégalité salariale de l’ordre de 20% entre les femmes et les hommes. Dans les entreprises publiques et privées, plus les sphères de décision s’élèvent, moins il y a de femmes aux manettes.
L’entrepreneuse engagée Marie Eloy a créé le réseau Femmes des Territoires. Dans son dernier livre, « Les Femmes sauveront-elles le monde ? » aux éditions Eyrolles, elle assure que l’absence des femmes dans les décisions de ce monde est « le plus grand bug de l’humanité. Ce déséquilibre est à l’origine des crises environnementales, sociales et sociétales. »
Elle développe ses idées dans le podcast de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société et sur le monde, à écouter ci-dessus. L’émission est diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT (nouvelle fenêtre). « Lorsque les décisions sont prises uniquement par des personnes avec des expériences de vie similaires, cela provoque forcément des angles morts qui génèrent des crises sur le long terme. Les crises que nous vivons aujourd’hui sont liées à un manque de mixité dans les décisions. »
Avec des associations et d’autres militants, elle a cofondé le mouvement World With Women ». Mardi 13 octobre, elle invite les femmes à « Ne rien faire »
: « C’est un mouvement de citoyennes et de citoyens engagés convaincus que l’on ne peut pas continuer dans le monde tel qu’il est. Dans toutes les sphères, qu’elles soient économiques, politiques ou culturelles, notre société obtiendrait de meilleurs résultats avec davantage de femmes. »
La militante prend l’exemple de la protection de l’environnement : « Le critère le plus déterminant pour protéger l’environnement, c’est de faire participer des personnes qui ont les mains dedans. Or, les femmes se chargent des enfants malades, des personnes âgées, de l’alimentation, de l’eau potable… Elles font en permanence le lien avec un environnement sain ou dégradé. »
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Des mesures concrètes
Une journée sans femme en action permet de se faire entendre mais ne suffit pas. Le mouvement fédère des centaines d’associations dans 25 pays. « En France, nous avons une trentaine de comités locaux et il s’en monte tous les jours. Nous sommes présents en République démocratique du Congo, au Sénégal, au Mexique, en Inde ou en Suisse »
, se réjouit la militante. Le mouvement propose dix mesures pour favoriser la mixité partout : parité dans les décisions, lutte contre les violences faites aux femmes, les négociations de paix entre pays ou la protection de l’environnement. « En 2024, neuf négociations de paix sur dix étaient portées uniquement par des hommes. L’ONU estime qu’avoir des femmes autour de la table devient le critère le plus déterminant pour protéger la paix et l’environnement »
, reprend Marie Eloy.
La militante assure que les organisations les plus mixtes « prennent de meilleures décisions. Elles innovent davantage, elles affichent de meilleures performances, elles gèrent mieux les risques et elles créent davantage de valeurs durables. »
Le mouvement réclame également la revalorisation financière des missions d’éducation, de soins et de services portés majoritairement par les femmes. « Ces métiers restent très faiblement rémunérés par rapport à la valeur qu’ils ajoutent à notre société. Dans certains pays, à l’image du Canada, les gouvernements ont revalorisé ces filières-là en s’appuyant sur les critères de compétence, de diplôme, de risque, de pénibilité »
, insiste Marie Eloy. La militante reste optimiste et qualifie ce mouvement de « fédérateur et joyeux »
: « La solution est sous nos yeux depuis des siècles. C’est la mixité dans les décisions. Ça va remettre au cœur le vivant. »



