Le gouvernement a présenté jeudi un plan destiné à lutter contre l’absentéisme au travail, visant à renforcer les contrôles des arrêts maladie et à faciliter le signalement, par les employeurs, des cas jugés suspects auprès de l’administration.
« Dès demain sur le site (internet) du ministère du Travail, il y aura un kit clef en main qui permettra à un chef d’entreprise de faire un autodiagnostic de la qualité de son plan de prévention en matière de santé au travail », a expliqué le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, en présentant le plan avec ses collègues de la Santé Stéphanie Rist et des Comptes publics David Amiel.
Et il y aura également sur le site un « bouton d’alerte » afin de prévenir « en un clic » l’Assurance maladie d’un éventuel arrêt maladie suspect dans son entreprise, a poursuivi M. Farandou.
A ce moment-là, le site internet « lui demandera quelques éléments de description du cas », et l’Assurance maladie « fera ensuite son travail », en déclenchant le cas échéant une procédure de contrôle, a-t-il expliqué.
Le chef d’entreprise peut déjà faire cette démarche, mais il s’agit aujourd’hui d’une procédure papier plus lourde, a-t-il expliqué en substance.
D’une manière générale, le plan présenté jeudi ne comprend pas de mesures législatives ou réglementaires, ni de mesures politiquement sensibles.
Il prévoit, en revanche, une intensification des contrôles de l’Assurance maladie sur les arrêts, qui devraient augmenter de 6% à 740.000 en 2026.
L’Assurance maladie se focalisera notamment sur les arrêts de plus de 18 mois, les arrêts d’accident du travail et de maladies professionnelles de plus de trois ans, ainsi que les arrêts prescrits en téléconsultation.
Elle visera également le « nomadisme médical », a expliqué Stéphanie Rist, c’est-à-dire les personnes qui font se succéder les arrêts maladie en consultant des médecins différents.
– Mi-temps thérapeutiques –
L’administration va également cibler les entreprises à fort absentéisme.
« Dans l’hypothèse où une entreprise refuserait les offres d’accompagnement proposées, et présenterait sur plusieurs années consécutives un taux d’absentéisme anormalement élevé » sans qu’aucune mesure corrective ne soit prise, « un signalement sera transmis au ministère du Travail », selon ce plan.
Aucune mesure de contrôle visant les médecins prescripteurs d’arrêts n’a été décidée, mais le gouvernement va généraliser dans toute la France SOS IJ, une plateforme expérimentale qui aide les médecins à prescrire dans des cas complexes.











