samedi, mai 2

À 49 ans, Lavinia et Michelle Osbourne, deux jumelles britanniques, savent aujourd’hui qu’elles sont un cas rarissime. Celles qui avaient toujours pensé être de classiques fausses jumelles ont découvert en 2022, via un test ADN, qu’elles ne partagent pas le même père, rapporte la BBC. Concrètement, elles ont toutes les deux été conçues naturellement, ont partagé le ventre de leur mère au même moment et sont nées le même jour à quelques minutes d’écart… mais elles sont demi-sœurs.

Ce phénomène, appelé superfécondation hétéro-paternelle, est extrêmement rare. Il se définit par la fécondation de plusieurs ovules produits pendant le même cycle par des spermatozoïdes de partenaires distincts. Selon la BBC, seulement une vingtaine de cas ont été recensés dans le monde et Michelle et Lavinia sont les seules au Royaume-Uni.

Les jumelles placées chez des proches de leur mère quand elles étaient enfants

Interrogées par le média britannique, les sœurs ont partagé deux vécus très différents de cette découverte. Lavinia se souvient de l’angoisse avant d’ouvrir les résultats de son test ADN: « peut-être qu’inconsciemment, je savais ». Mais le résultat n’en était pas moins « dévastateur ». Michelle, elle, affirme: « Je n’étais pas surprise. Je suis toujours sidérée que ce genre de chose puisse réellement arriver […], mais ça a du sens ».

Les deux quadragénaires expliquent à la BBC avoir eu une enfance difficile, passée loin de leur mère. Celle-ci a eu ses deux filles à 19 ans, à peine sortie d’une enfance marquée par la violence et les foyers d’accueil. Après avoir commencé des études universitaires, la mère de Michelle et Lavinia les a confiées à des proches et est restée distante. Le père des petites, lui, « ne faisait pas partie de [leur] vie », expliquent-elles – elles ne connaissaient qu’un nom, James.

Loin de leur mère et sans connaître leur père, les deux jumelles sont devenues très proches. Pour Lavinia, sa sœur jumelle était « la seule chose sur laquelle je pouvais compter ». Pour Michelle, « c’était [Lavinia] et moi contre le monde entier ».

Test ADN

Fin 2021, alors que leur mère souffrait de démence précoce et ne pouvait plus répondre aux questions de ses filles, Michelle a tenté un test ADN en kit. Elle a reçu les résultats le jour de la mort de sa mère, et y a découvert que l’homme présenté comme son père, James (qu’elle avait eu l’occasion de rencontrer depuis), n’était pas son père.

Après quelques recherches, la jeune femme a découvert que son père biologique s’appelle Alex. C’est le frère d’une ancienne amie de sa mère – il est alcoolique, toxicomane et vit dans la rue.

Si Lavinia pensait alors qu’Alex était aussi son père, elle explique à la BBC qu’elle ressentait un malaise. Pour en avoir le cœur net, elle a aussi effectué un test ADN. Elle y a découvert que Michelle est en réalité sa demi-soeur, et que ni James ni Alex ne sont son père.

« Lien indestructible »

Plus tard, elle et sa sœur ont réussi à localiser son père biologique, Arthur, dont la quadragénaire est proche aujourd’hui. Elle et sa sœur vont régulièrement lui rendre visite. Si Arthur n’avait pas les réponses à toutes les questions des deux femmes, il leur a expliqué que Lavinia avait été conçue quand sa mère « s’était tournée vers lui » dans un moment difficile, où « elle ne se sentait pas en sécurité et était en état de choc ». Lavinia et Michelle ne sauront probablement jamais si leur mère savait qu’elles ne partageaient pas le même père.

Si cette découverte les a profondément bouleversées, les deux femmes assurent au micro de la BBC: « Nous aurons toujours un lien indestructible. » Et à Michelle de conclure: « c’est ma soeur jumelle. Rien ne peut changer ça. »

Article original publié sur BFMTV.com

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