- Budapest est devenue l’une des destinations les plus festives d’Europe.
- Quelques rues d’un même quartier concentrent toutes les festivités de la ville, une stratégie choisie par la mairie de la capitale.
- De quoi agacer les derniers habitants, épuisés, qu’une équipe de TF1 a rencontrés.
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Le 13H
Ville hôte pour la finale de la Ligue des champions le 30 mai et facilement accessible grâce aux vols low-cost, la capitale hongroise n’en est pas à ses premières hordes de touristes. Avec ses bars bondés et ses boîtes de nuit, quelques rues du 7ᵉ arrondissement de Budapest concentrent l’ensemble des festivités nocturnes de la métropole à partir de minuit.
« Dans tout Budapest, les bars ferment à 23h. On est le seul quartier à avoir le droit d’ouvrir après. Du coup, à partir de minuit, tout le monde vient par ici »
, explique Attila Kiss, copropriétaire du « Szimpla Kert » dans le quartier d’Erzsébetváros. Ce particularisme remonte à l’année 2013, lorsque les propriétaires sont parvenus à convaincre le maire de l’arrondissement de les laisser ouvrir toute la nuit.
Preuves de dérapages
Une décennie plus tard, un business de la fête s’est développé autour de ce quartier, avec notamment de nombreux enterrements de vie de garçon. Ce statut de nouvelle capitale européenne de la fête s’accompagne toutefois d’un cortège de problèmes de violence, de drogue, et de prostitution.
Devant ces nuisances, un collectif d’habitants du quartier enregistre désormais toutes les preuves de dérapage, en accumulant photos et vidéos. La plupart des immeubles sont devenus des locations touristiques à plein temps, les entrées d’immeubles sont ornées d’innombrables boîtes à clés, et les derniers résistants peinent à se faire entendre.
Dans mon immeuble, on était 50 habitants permanents, aujourd’hui on n’est plus que 2.
Dans mon immeuble, on était 50 habitants permanents, aujourd’hui on n’est plus que 2.
Judit Soltész, résidente du 7e arrondissement de Budapest
Judit Soltész fait partie des derniers authentiques habitants d’Erzsébetváros. « Dans mon immeuble, on était 50 habitants permanents, aujourd’hui on n’est plus que 2. Je résiste, mais ça fait des années que je n’ai pas fait une nuit complète. Et je ne vous parle pas seulement de l’été quand les fenêtres sont ouvertes »
, témoigne-t-elle au micro de TF1.
Malgré la fuite d’un bon nombre d’habitants, la municipalité défend son modèle. « Tout d’abord, quelle grande ville européenne ou même dans le monde n’a pas de problème de drogue et de prostitution ? Ensuite, les taxes que nous prélevons sur cette industrie du tourisme, nous en avons besoin pour financer les aides sociales et restaurer les habitations »
, insiste Péter Niedermüller, maire du 7ᵉ arrondissement de la capitale hongroise.
Les derniers résidents du quartier d’Erzsébetváros demandent même leur rattachement à l’arrondissement voisin, le 6ᵉ. Les bars y ferment à 23 heures, et les locations touristiques chez l’habitant sont totalement interdites. Les monuments historiques y côtoient les futurs hôtels de luxe et boutiques. Entre les deux arrondissements, deux visions du centre-ville bien différentes cohabitent, dans une ignorance réciproque totale. Et entre les deux tendances, le cœur de Budapest balance.











