mardi, juin 30

  • La France accueille de mardi à jeudi le 9ᵉ congrès mondial contre la peine de mort.
  • Un rendez-vous organisé alors qu’une « résurgence des exécutions » est observée dans le monde.
  • Le chef de l’État Emmanuel Macron doit notamment s’y rendre ce mardi.

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Il s’installe en France. Paris accueille à compter de ce mardi 30 juin le 9ᵉ congrès mondial contre la peine de mort, sur fond de « résurgence des exécutions » dans plusieurs pays, selon l’ambassadrice française pour les droits de l’homme, Isabelle Lonvis-Rome. Organisé par l’ONG Ensemble contre la peine de mort (ECPM), le principal rendez-vous du mouvement abolitionniste mondial se tient jusqu’à jeudi, d’abord à la Maison de la radio, puis à l’hôtel de Lassay, résidence de la présidente de l’Assemblée nationale.

« Plus de 1.500 participants sont attendus, de 100 nationalités différentes », a souligné Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’ECPM, lors d’une conférence de presse. Alors que 114 États ont définitivement abandonné la peine capitale, « nous observons dans plusieurs pays une résurgence des exécutions, employées comme outils de répression politique, de contrôle social ou de réponse aux crises sécuritaires », a souligné Isabelle Lonvis-Rome, ambassadrice pour les droits de l’homme et ancienne ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes. « Ce regard contraste avec la dynamique abolitionniste mondiale. Les exécutions demeurent en réalité le fait d’une poignée d’États, tandis que de plus en plus de pays renoncent durablement à cette pratique. »

« La France doit poursuivre son action en faveur de la dignité humaine »

Selon l’ONG ECPM, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak sont les quatre États ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2024. Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1.639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon Iran Human Rights, basée en Norvège, et ECPM.

Les débats du congrès seront aussi orientés sur les discriminations, puisque selon Aminata Niakaté, présidente d’ECPM, la peine de mort est « raciste », et les étrangers « sont plus souvent confrontés à une condamnation à mort que les non-étrangers ». La dirigeante de l’ONG entend « partager les stratégies » internationales pour l’abolition universelle. « Il est important que la France poursuive son action en faveur de la dignité humaine. L’accueil de ce congrès s’inscrit dans cette démarche résolue », a complété Isabelle Lonvis-Rome.

Plusieurs personnalités portant la lutte pour l’abolition sont invitées à participer à cet événement, à l’instar de Philippe Maurice, dernier condamné à mort français, gracié par François Mitterrand en 1981, et de Daniel Gwynn, un Américain qui a passé trente ans dans le couloir de la mort, innocenté en 2024. Le président de la République Emmanuel Macron y est attendu dès ce mardi, à 16h.

I.N avec AFP

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