- Le samedi 17 octobre était prévu comme une journée pacifique de « convergence des luttes ».
- Si l’immense partie des manifestants a défilé dans le calme, de nombreux casseurs ont éclipsé leurs revendications.
- Le 20H de TF1 remonte le fil de cette journée heure par heure.
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Lycées, facs, gilets jaunes… Une France entre colère sociale et violences urbaines
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« On travaille pour gagner notre vie, pas pour survivre »
, « Écoutez-nous ! »
… À lire ces slogans sur les pancartes, le samedi 17 octobre allait être une journée de manifestation paisible, à Paris et partout ailleurs en France. Dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, on peut voir que ce sont des jeunes, des familles ou encore des retraités qui composent les cortèges.
Tout augmente et nos salaires, ils n’augmentent pas. On est là pour essayer de faire changer les choses
Tout augmente et nos salaires, ils n’augmentent pas. On est là pour essayer de faire changer les choses
Une manifestante
Une journée de convergence des luttes pour dénoncer « la vie chère » et les conditions d’apprentissage des lycéens et des étudiants, comme l’énonce cette manifestante : « Les conditions de travail indécentes dans lesquelles (les jeunes) sont mis, la pression insupportable de Parcoursup, et l’avenir de nos enfants, de la jeunesse. Tout augmente et nos salaires, ils n’augmentent pas. On est là pour essayer de faire changer les choses. »
Mais il y a eu des couacs. Dans ces deux villes, les manifestations étaient déclarées – et autorisées – pour 14h et non le matin. En fin de matinée à Marseille, la manifestation n’a pas encore démarré quand un poste de police municipale est caillassé. À Paris, au même moment, les manifestants tentent de rejoindre la place de la République, d’où les cortèges doivent partir pour rejoindre la place de Clichy. Mais à trois kilomètres de la place, les forces de l’ordre bloquent la foule, ce qui provoque des tensions et sème la confusion parmi les personnes venues manifester pacifiquement.
La mairie de Marseille dégradée
À 11 heures, les manifestants accèdent enfin à la place de la République. Très vite, de l’autre côté de la place, un groupe de casseurs se forme. Le début d’une longue confrontation avec les forces de l’ordre qui agace Martine, Gilet jaune de la première heure : « Moi la bagarre, j’en ai ras le cul. On n’est même pas sur la place qu’on est déjà
gazés
! »,
crie-t-elle en haranguant certains membres du groupe de casseurs. Une jeune femme à ses côtés abonde : « Ça rend la police encore plus violente que d’habitude. On n’a même pas eu le temps de commencer à chanter, c’est inadmissible ».
En début d’après-midi à Marseille, en parallèle des manifestations, des dizaines de magasins sont pillés dans le centre-ville, pendant qu’un groupe de personnes pénètre dans la mairie. Des slogans sont tagués sur les murs, et une statue de Marianne est abîmée. D’où le coup de colère du maire Benoît Payan : « Des abrutis sont venus tout casser. Ils pensent servir quoi en fait ? Ils ne servent à rien du tout. »
Dans le même temps à Paris, les cortèges de manifestants, restés place de la République, peuvent enfin s’élancer à 15 heures. Selon les chiffres de la préfecture, au moins 110.000 personnes défilent dans le calme dans la capitale. En parallèle, hors du parcours autorisé, des magasins sont pillés les uns après les autres, avec des groupes de personnes qui vont à l’affrontement avec les forces de l’ordre. En France, entre 550.000 (ministère de l’Intérieur) et 800.000 personnes (organisateurs) ont battu le pavé le 17 octobre.
Louan DENIEL | Reportage TF1 : Frédérique AGNES

