- Après les pillages et les dégradations du 17 octobre dernier, plusieurs cagnottes fleurissent en ligne pour soutenir les commerçants.
- Mais attention, certaines viennent de faux profils et détournent de l’argent.
- Vous devez effectuer certaines vérifications avant de verser vos euros personnels.
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Au moins 3.000 commerces ont été pillés et dégradés sur l’ensemble de la France le 17 octobre en marge des manifestations contre la vie chère et en soutien au mouvement lycéen et étudiant. Dans la foulée, des élans de générosité fleurissent un peu partout, notamment sous la forme de cagnottes en ligne (nouvelle fenêtre) pour aider les commerçants et artisans durement touchés. Mais parmi ces actes de bonne volonté peuvent aussi en profiter des escrocs qui surfent sur ces événements pour détourner des milliers d’euros sur Internet.
Ils se servent de l’intelligence artificielle, imitent des sites d’associations ou usurpent l’identité de véritables victimes en utilisant leurs images. En France, 20.000 policiers et gendarmes s’attellent à détecter ces fraudes. « On a une chance énorme par rapport à un cambriolage ou par rapport à d’autres types de délinquance. C’est qu’Internet laisse des traces, pour tout le monde. Et les forces de l’ordre sont tout à fait capables de remonter ces traces-là »
, témoignait en novembre 2025 sur TF1, l’adjudant Frédéric Hommel du département prévention et cyber-résilience au sein du commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace.
Se demander quelle est l’origine de la cagnotte
Avant de donner, prenez le temps de « vérifier l’origine de la cagnotte en question ainsi que son créateur »
, conseille le ministère de l’Intérieur dans un post LinkedIn (nouvelle fenêtre). Assurez-vous de l’identité de l’organisateur de la collecte : « S’agit-il d’une personne directement concernée, d’un proche identifié ou d’une association reconnue ? »
Les pompiers de la Moselle, eux-mêmes victimes de plusieurs fausses cagnottes, vous conseillent dans un post Facebook (nouvelle fenêtre) de toujours vous poser ces questions. Les réseaux sociaux peuvent vous donner des indices. Analysez le profil du créateur : est-il récent, vide ou y a-t-il une suspicion d’usurpation d’identité (photos volées, compte créé de toutes pièces ou généré par intelligence artificielle) ?
Intéressez-vous à la plateforme utilisée. Elles ne viennent pas toutes de France et ne sont pas toutes soumises aux mêmes contraintes réglementaires. Assurez-vous que l’identité de l’organisateur soit officiellement vérifiée par la plateforme ou que le bénéficiaire en ait publiquement validé l’existence. Amandine Plas, directrice marketing chez Leetchi, assure à nos confrères de 20 minutes
(nouvelle fenêtre) qu’une cinquantaine de cagnottes ont été créées en vingt-quatre heures sur la plateforme. « À chaque fois, on va les contrôler et on va s’assurer que cet argent va bien aller au commerçant. »
Leetchi dispose d’algorithmes qui permettent de détecter tout comportement frauduleux. La plateforme contrôle manuellement l’identité du créateur et du bénéficiaire via une équipe antifraude et met également en place un système pour signaler en ligne toute cagnotte suspecte. De son côté, la plateforme GoFundMe prévoit un remboursement intégral en cas de problème.
Méfiez-vous du message
N’hésitez pas à analyser le contenu et le message porté par la cagnotte. Faites attention à l’urgence excessive. Les escrocs jouent souvent sur l’émotion, la peur ou la pression : « Il faut donner tout de suite sous 24 h »
pour vous empêcher de réfléchir. Dans le descriptif, vous pouvez identifier facilement des incohérences ou l’absence de détails. Une fausse cagnotte reste par exemple floue sur l’utilisation précise de l’argent ou prétend payer des soins médicaux alors que ceux-ci restent pris en charge. En cas de doute, effectuez une recherche d’image inversée. Si la cagnotte se sert d’une photo ou d’une vidéo d’une personne en pleurs, passez-la dans un moteur de recherche pour vérifier si elle a été détournée d’un autre événement ou d’un autre pays.
Pour vous tromper, les escrocs inventent de faux sites miroirs en achetant des noms de domaine très proches des vraies associations ou plateformes de dons. À l’instar de n’importe quel lien reçu par mail ou SMS, ne cliquez jamais. Passez toujours par le moteur de recherche du site officiel de l’association ou de l’organisme. Préférez les cagnottes relayées par des institutions reconnues, des mairies ou des médias locaux identifiés. S’il s’agit d’une personne privée, contactez-la dans la mesure du possible sur les réseaux sociaux par exemple.
En cas de doute, signalez la cagnotte sur la plateforme d’hébergement. Si vous avez déjà versé de l’argent, alertez les autorités. Portez plainte et contactez la plateforme Ma Sécurité (nouvelle fenêtre) ou la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). « N’hésitez pas à vous rapprocher du dispositif d’assistance en ligne 17Cyber, qui vous apportera une assistance technique et un accompagnement par un policier ou un gendarme »
, préconise l’adjudant Frédéric Hommel. Contactez sans attendre votre banque pour tenter de faire annuler la transaction. Tournez-vous également vers le service client de la plateforme pour exiger un remboursement.

