Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a affirmé ce vendredi 15 mai que la lutte contre le narcotrafic était « un combat qui est difficile » et « de très long terme », après les fusillades qui ont fait deux morts à Nice lundi et un mort à Nantes jeudi, sur fond de trafic de stupéfiants.
« Nous avons tout à la fois une consommation qui est massive » et « une violence totalement débridée, qui est associée au fonctionnement des trafics de stupéfiants », a expliqué Damien Martinelli sur RTL. « La semaine écoulée l’illustre tragiquement », a-t-il ajouté.
Plusieurs morts cette semaine
Un adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir à Nantes dans une fusillade sur fond de narcotrafic qui a fait deux autres blessés mineurs, dont un jeune de 13 ans toujours entre la vie et la mort. Lundi, dans le quartier des Moulins, à Nice, un tireur à trottinette a fait deux morts et six blessés en plein après-midi, des victimes pour certaines sans lien avec le trafic de drogue.
Selon le parquet, ces violences sont liées à la lutte pour le contrôle du trafic de stupéfiants, mais seuls trois hommes blessés dans la fusillade de lundi étaient connus pour ce type de faits.
Le procureur de la République de Nice a souligné ce vendredi un « phénomène de rajeunissement très fort des personnes impliquées » dans le narcotrafic. « Si je prends Nice, entre 2014 et 2024, la part des mineurs condamnés pour trafic de stupéfiants est passée de 9% à 29% », a-t-il précisé.
Une « responsabilité » des consommateurs
Sur RTL, Damien Martinelli a appelé à « lutter contre les points de deal et contre la narco-livraison en même temps ». « Il y a très clairement une responsabilité » des consommateurs, a-t-il estimé.
« On ne peut pas venir donner de l’argent à un réseau de trafic de stupéfiants dans un quartier » comme celui des Moulins à Nice, « où il y a eu autant de morts, sans se poser la question de sa responsabilité », a poursuivi le magistrat.
Le chiffre d’affaires du marché de la drogue en France était estimé en 2023 à près de 7 milliards d’euros, dont la moitié pour la seule cocaïne, selon les données du ministère de l’Intérieur.
En 2023, 9,4% des adultes en France avaient expérimenté la cocaïne, contre 5,6 % en 2017, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, un organisme public. La consommation « progresse très fortement en France sur la cocaïne et c’est elle qui fait le marché », a alerté Damien Martinelli ce vendredi.
Article original publié sur BFMTV.com




