- Des centaines de lycées sont à nouveau fermés ce lundi à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation.
- Avec une inquiétude : que de nouvelles violences éclatent, alors que le mouvement se durcit depuis une semaine.
- Une situation qui met les fédérations de parents d’élèves en alerte.
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Lycées, facs… le mouvement de contestation prend de l’ampleur
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Laisser les jeunes manifester sans risquer leur sécurité. C’est le casse-tête auquel sont confrontés les parents des lycéens, mobilisés depuis plus d’une semaine, pour demander de meilleures conditions d’apprentissage, plus de moyens dans leurs établissements. Un mouvement émaillé, ces derniers jours, par des scènes de violences et d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
L’inquiétude est donc de mise pour la journée de mardi 6 octobre, où les appels à durcir le mouvement se multiplient. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a ainsi dit « craindre »
un embrasement au niveau national lors de cet « Acte III » alors que Matignon estime que la protestation a basculé vers « des violences urbaines ».
À l’opposé, plusieurs syndicats et associations, comme la Ligue des droits de l’Homme, accusent, eux, le gouvernement de « réprimer »
les lycéens avec une brutalité « disproportionnée »
,
pour faire taire des revendications « légitimes ».
Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.
Les parents d’élèves qui craignent pour la sécurité et la santé de leurs enfants rejoignent ainsi le mouvement pour que le message de fond soit écouté et entendu
Les parents d’élèves qui craignent pour la sécurité et la santé de leurs enfants rejoignent ainsi le mouvement pour que le message de fond soit écouté et entendu
Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE
Face à cette situation, les fédérations de parents d’élèves alertent. Et si le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a appelé la semaine dernière les parents à garder leurs enfants chez eux, estimant que « dans la rue, les enfants sont en danger »
, les organisations, elles, disent plutôt vouloir venir en soutien des manifestations pour aider les jeunes à porter leurs revendications.
« Dans plusieurs endroits, on a des parents qui sont venus devant les établissements, devant les lycées, se mêler à leurs propres enfants et à leurs camarades, notamment pour les protéger de l’intervention d’individus mal identifiés extérieurs au lycée, sans qu’on sache trop si ce sont des casseurs plus ou moins professionnels ou si ce sont des lycéens de lycées des environs qui préfèrent agir loin de leur lycée d’origine pour rendre leur identification plus difficile »,
explique ainsi sur LCI Emmanuel Garrot, président de la PEEP.
« Les parents d’élèves de notre réseau sont déjà sur le terrain aux abords des lycées, pour apaiser, pour faire de la médiation, encadrer et pour essayer de sécuriser »,
appuie Mustafa Ozcelik, vice-président de la FCPE dont la fédération soutient les « revendications légitimes des élèves ».
Pour la journée de mardi, les parents de la FPCE seront ainsi à nouveau sur le terrain : « Nous ne souhaitons pas que le mouvement soit perturbé par des éléments extérieurs, les parents d’élèves qui craignent pour la sécurité et la santé de leurs enfants rejoignent ainsi le mouvement pour que le message de fond soit écouté et entendu »,
assure le vice-président de la FCP qui regrette la situation actuelle.
« Si le mouvement avait été entendu tout de suite, avec une reconnaissance des revendications, nous n’en serions peut-être pas là. On ne peut pas ensuite faire porter la responsabilité de ce qu’il s’est passé ou non sur les parents ou les enfants »,
affirme Mustafa Ozcelik.
Les parents ne seront d’ailleurs pas les seuls sur le terrain mardi. De son côté, la CGT a assuré que ses « militantes et militants seront là pour protéger les lycéennes et lycéens »
mardi. Sur TF1, la secrétaire nationale du syndicat Sophie Binet a dit avoir été « scandalisée de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée ».
Ce lundi, 735 lycées étaient encore perturbés en France. Face au mouvement, après une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé un calendrier pour répondre en partie aux revendications. Il a ainsi confié à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec « de premières décisions attendues avant la fin du mois ».
Malgré ces annonces, sur les réseaux sociaux depuis quelques jours fleurissent les appels à une « semaine noire »
avec des blocages quotidiens. De quoi inquiéter un peu plus des parents d’élèves démunis face à ce mouvement qui dure.



