- Des véhicules blindés de type Centaure de la gendarmerie sont déployés ce samedi 17 octobre à Marseille et à Bordeaux face aux violences urbaines qui émaillent la journée de mobilisation.
- Cet imposant 4×4, qui embarque des équipements de pointe, est destiné au maintien de l’ordre public, entre autres.
- TF1info vous en dit tout ce qu’il faut savoir à son sujet.
Suivez la couverture complète
Lycées, facs, gilets jaunes… vers une convergence des colères sociales ?
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Une journée de mobilisation émaillée de violences urbaines dans les grandes métropoles. Ce samedi 17 octobre, les forces de l’ordre ont été déployées en nombre dans le pays, mais l’intensité des échauffourées a conduit les autorités à renforcer le dispositif dans plusieurs localités.
C’est le cas notamment à Marseille, où d’importantes dégradations ont été commises, ainsi qu’à Bordeaux. Dans ces deux villes, plusieurs véhicules blindés de la gendarmerie de type Centaure ont été déployés.
Entré en service en 2022, le Centaure est le nouveau véhicule d’intervention polyvalent de la gendarmerie (VIPG). Fabriqué par Soframe, la branche défense du groupe alsacien Lohr, il a succédé au véhicule blindé à roues de la gendarmerie (VBRG), le Berliet VXB 170, devenu vieillissant.
La Gendarmerie nationale l’a utilisé pour la première fois en juillet 2023 au cours des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel (nouvelle fenêtre). Puis, on l’a aperçu entre autres lors du mouvement des agriculteurs (nouvelle fenêtre) et des manifestations contre le projet d’autoroute A69 (nouvelle fenêtre) ou plus récemment lors du mouvement « Bloquons tout (nouvelle fenêtre)« . Ils ont été également mobilisés en marge des cortèges en septembre 2025.
Cet imposant 4×4, d’une longueur de 7,5 mètres pour un poids de 14,5 tonnes, est propulsé par un moteur de 240 kW (330 ch), ce qui lui permet d’atteindre la vitesse maximale de 110 km/h, avec une autonomie de 800 km, indique la fiche technique (nouvelle fenêtre) du fabricant. Il peut transporter un équipage comprenant jusqu’à dix personnes.
« Conçu comme un véritable couteau suisse »
, selon la Gendarmerie nationale, ce véhicule blindé polyvalent peut être employé dans diverses situations, que ce soit en cas de graves troubles à l’ordre public, d’incidents industriels, de risques nucléaires ou chimiques, de catastrophes naturelles, de menaces sur les institutions ou encore d’opérations extérieures (Opex). Le Centaure embarque des dispositifs de navigation augmentée, une caméra longue distance (3 à 9 km), permettant de voir de jour comme de nuit grâce à sa vision thermique, ainsi qu’un système de détection des tirs hostiles. Son tourelleau téléopéré est équipé d’un lance-grenades (de 1 à 30 tirs en série) et peut même accueillir une mitrailleuse de calibre 7.62 mm.
Un usage gradué de la force
Grâce à ses équipements modulables, le Centaure adapte son action à la situation et permet un usage gradué de la force, assure la Gendarmerie nationale dans la fiche de présentation (nouvelle fenêtre). « Pour répondre à une situation de graves troubles à l’ordre public par exemple, [le Centaure] peut tirer des grenades lacrymogènes à l’aide de son tourelleau, afin de maintenir à distance ou faire se disperser des individus violents. En cas de menaces plus graves, comme une attaque terroriste, qui impliqueraient le recours à la force armée, son tourelleau téléopéré peut être équipé d’une mitrailleuse de calibre 7.62 mm (…) lors de son emploi en Opex »
, détaille-t-elle.
Lors de catastrophes naturelles, le Centaure permet aux forces de l’ordre d’aller au plus près du sinistre pour protéger et secourir la population, grâce à ses capacités motrices (une capacité de poussée ou de traction de 12 tonnes de masse immobilisée, soit le poids d’un bus à vide, et 31 tonnes sur roue, soit un poids lourd enneigé). Il peut aussi être déployé lors d’incidents industriels ou en cas d’attaques présentant des menaces de type NRBC (comprendre : nucléaire, radiologique, biologique et chimique). « C’est un véhicule qui est étanche, pressurisé et capable de filtrer en ambiance contaminée »
, explique le lieutenant-colonel Alban Delalonde, directeur du programme, dans la fiche de présentation.
La place Beauvau a commandé quatre-vingt-dix exemplaires de ce blindé en 2021, pour un montant de 70 millions d’euros (soit un coût unitaire de 745.000 euros, sans compter la maintenance), dans le cadre du plan de relance. Un tiers de la flotte est stationné sur le camp militaire de Versailles-Satory, près de Paris, un autre tiers est réparti en régions, et le dernier tiers se trouve dans les départements et régions d’outre-mer. Un « équipement de pointe »
mais dont l’utilité véritable « reste à démontrer »
, pointait toutefois la Cour des comptes dans un rapport en 2024. La Gendarmerie nationale a de fait à cœur d’en faire la démonstration à l’occasion de la manifestation du 18 septembre.

