- Interdite aux moins de 16 ans, la première réalisation de l’Américain Curry Barker est déjà en train de s’imposer comme l’un des films de l’année.
- Sa mise en scène marquante et son histoire originale, celle d’un jeune homme qui voit son vœu le plus cher se réaliser, sont unanimement saluées.
- La France n’échappe pas au phénomène et augmente encore le nombre de salles où le film est visible bientôt deux semaines après sa sortie.
Si un de vos vœux pouvait devenir réalité, lequel choisiriez-vous ? Bear se pose la question quand il achète dans un magasin un bâton vous promettant de réaliser votre désir le plus fou. Secrètement amoureux de son amie et collègue Nikki depuis des années, le timide vendeur dans un magasin de musique souhaite alors devenir « la personne qu’elle aime le plus au monde »
.
Sauf que de l’amour à l’obsession, il n’y a qu’un pas qui les mènera tous les deux dans une spirale infernale. Obsession
, c’est le titre de ce film d’horreur qui fait beaucoup parler ces derniers jours.
215.000 spectateurs en une semaine
Avant même sa sortie, la presse était dithyrambique sur ce projet horrifique qui marque les débuts de son réalisateur, Curry Barker. Les spectateurs ont suivi en masse, attirés à leur tour par ce long-métrage singulier et diablement bien exécuté. Tourné à Los Angeles en vingt jours pour moins d’un million de dollars, Obsession
s’est offert un premier week-end à 16 millions de dollars aux États-Unis. Il en a déjà rapporté plus de 34,5 millions dans le monde en même pas dix jours. Certains avancent déjà qu’il pourrait dépasser les 100 millions de dollars de recettes.
La magie opère aussi en France. Projeté dans 229 salles à son lancement le 13 mai, le long-métrage a rassemblé plus de 215.000 spectateurs en première semaine. Mieux, il a enregistré « la meilleure moyenne par copie du box-office (581 entrées par copie) »
, selon son distributeur Le Pacte. Fort d’un bouche-à-oreille exceptionnel boosté par les réseaux sociaux, notamment TikTok, les séances se multiplient malgré une concurrence très forte.
Obsession
était visible dans 275 salles en deuxième semaine et le sera dans davantage de salles encore à partir de ce mercredi, a appris TF1info. Forbes
(nouvelle fenêtre)rappelle qu’Hollywood n’avait plus vu tel phénomène horrifique depuis Paranormal Activity
en 2009. Le point commun ? Une même maison de production en soutien, Blumhouse, qui a fait de « petit budget, grand concept »
sa marque de fabrique, comme nous l’expliquait son fondateur Jason Blum (nouvelle fenêtre).
Un profond malaise
Curry Barker, qui s’est fait connaître avec des vidéos humoristiques sur YouTube, raconte avoir été repéré par un producteur qui lui a proposé de réaliser la version longue d’un premier court-métrage d’horreur. Le jeune Américain de 26 ans préfère lui soumettre une autre idée inspirée par Misery
de Stephen King, dans lequel une femme séquestre l’auteur qu’elle idolâtre.
Tout bascule lors de la présentation d’Obsession
en avant-première mondiale au festival de Toronto en septembre dernier. Encensé de toutes parts, le petit projet indépendant fait l’objet d’une bataille entre grands studios que remporte finalement Focus Features, à qui l’on doit Le Secret de Brokeback Mountain
, BlacKkKlansman
de Spike Lee ou le thriller oscarisé Promising Young Woman
d’Emerald Fennell.
Si Obsession
obsède autant le public, c’est qu’il l’inscrit dans un profond malaise pendant près de deux heures. La tension grandit progressivement jusqu’à un dernier acte sanglant justifiant son interdiction aux moins de 16 ans. Mais c’est finalement moins la violence physique que la réflexion sous-jacente sur la masculinité toxique et les relations femmes-hommes qui bouscule, poussant même à nous demander qui est vraiment le méchant dans cette histoire. « En tant qu’auteur de comédies, mon esprit comique était toujours en éveil, ce qui t’oblige à étudier la condition humaine et la psychologie, la façon dont les gens réagissent aux choses. Chaque situation sociale devient un sketch »
, explique Curry Barker.
La révélation Inde Navarette
« Quand tu penses constamment comme ça, tu étudies les êtres humains, la manière dont nous réagissons et interagissons les uns avec les autres. C’est exactement le même état d’esprit qu’il faut pour réaliser un film d’horreur psychologique »
, ajoute-t-il dans Interview Magazine
(nouvelle fenêtre) lors d’une conversation avec Zach Cregger, le réalisateur du génialissime Évanouis
dont l’actrice Amy Madigan a été récompensée aux Oscars.
On ne serait pas étonné de voir la jeune Inde Navarette suivre la même route. L’actrice américaine de 25 ans est aussi effrayante que touchante dans ce rôle qui devrait la porter très haut. Même son partenaire Michael Johnston, l’interprète de Bear, a pris peur en la voyant sourire de manière très étrange sur le tournage.
C’est vrai qu’il y a un peu de Smile
de Parker Finn, d’Ari Aster aussi, l’une des références de Curry Barker, dans cet Obsession
à la mise en scène simple mais redoutable qui n’a pas fini de faire trembler les cinémas.




