« Notre petit monde s’est effondré », a témoigné la tante de la victime aux côtés des parents et du frère de Lyhanna. Ils avaient pris la tête de cette marche dans la petite commune de Fleurance, dans le sud-ouest de la France. Dans le cortège très dense, les visages étaient graves, derrière une banderole sur laquelle était écrit : « Plus jamais ça ! On t’aime. Tu nous manques », a constaté une journaliste de l’AFP.
Les participants étaient vêtus de blanc, certains tenant des fleurs blanches à la main. Comme Céline Camus, 41 ans, très émue : « Je me sens concernée, j’ai deux enfants, une fille de 12 ans et un fils de 13 ans. Ça aurait pu arriver à ma famille, à mon fils, ma fille ».
Manola Martin, retraitée, porte un t-shirt avec le portrait de Lyhanna. Elle a fait 50 kilomètres pour venir apporter son soutien à la famille. Elle est présente pour ses « filles et ses petites-filles », « malheureusement la justice ne fait rien pour ces gens-là ». La marche était sécurisée par un dispositif de 150 gendarmes.
Le ministre de la Justice ordonne une revue de 70 000 plaintes impliquant des enfants
À Montestruc-sur-Gers, où réside le principal suspect, le panneau du village a été recouvert d’un drap blanc sur lequel a été taggué « PDM [peine de mort, NDLR] pour les pédos. » Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, est le père d’une amie de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé jeudi dans un silo agricole après six jours de recherche. Inculpé pour enlèvement et séquestration – les circonstances de la mort ne sont pas encore connues –, il avait jusque-là échappé à la justice malgré des soupçons de pédocriminalité. Il est visé par quatre plaintes et deux signalements.
« Un dysfonctionnement (…) inacceptable », avait déclaré il y a quelques jours le président français Emmanuel Macron, tandis que le ministre de la Justice Gérald Darmanin avait présenté des excuses à la famille de la victime et promis de sanctionner des magistrats pour « fautes professionnelles ».
Ce dimanche, le garde des Sceaux a en outre annoncé qu’il allait demander aux procureurs généraux de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit environ 70 000 dossiers, d’ici au 14 juillet, dans le sillage de l’affaire Lyhanna. « Je ne partirai pas en vacances » et « il n’y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances » tant qu’il n’aura pas reçu « un par un les procureurs généraux » pour faire le bilan, a encore prévenu sur LCI le garde des Sceaux, qui réunit lundi matin à la chancellerie les procureurs généraux.
À lire aussiL’affaire Lyhanna, révélatrice des dysfonctionnements de la justice française




