samedi, juillet 25

L’incendie n’est toujours pas fixé en Gironde et un ordre d’évacuation à titre préventif a été lancé dès ce vendredi 24 juillet au soir dans sept nouvelles communes proches de Bordeaux, portant à 167 000 le nombre d’habitants et vacanciers évacués depuis mercredi dans le département. Une décision prise après la création d’un phénomène inédit : « une forme d’orage de feu ».

« Vendredi nous étions encore dans schéma classique d’incendie tel que nous les connaissons. À 17 h 45 feu qui va passer en phase convective avec un pyrocumulus, avec une base de 20 km, du fait d’un vent qui vient de l’ouest et se dirige vers la métropole », a détaillé ce samedi Marc Vermeulen, directeur département des services d’incendie et de secours de la Gironde.

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Puis tout a basculé en début de soirée : « Aux alentours de 18 h 20, on observe qu’il se change en pyrocumulonimbus, jamais observé en France, c’est une première. C’est une forme d’orage de feu. » Contrairement à un orage classique, provoqué par l’instabilité de l’atmosphère, un pyrocumulonimbus naît de la puissance d’un incendie. La chaleur extrême dégagée par les flammes entraîne un puissant courant ascendant qui emporte fumées, cendres, vapeur d’eau et particules jusqu’à plusieurs kilomètres d’altitude.

Un risque d’éclairs et d’attaques de braises

Lorsque les conditions météorologiques sont réunies, cette colonne de fumée évolue en un véritable nuage orageux. Les spécialistes parlent alors de pyrocumulonimbus, ou « cumulonimbus flammagenitus » dans la nomenclature internationale des nuages. Marc Vermeulen explique que « ce genre de phénomène est amené à générer des éclairs en amont de l’arrivée de ce pyrocumulonimbus mais aussi des attaques de braises très conséquentes ».

Ces éclairs surviennent parfois sans précipitations suffisantes pour humidifier la végétation. De nouveaux départs de feu peuvent ainsi être déclenchés à plusieurs kilomètres de l’incendie initial. Le directeur départemental justifie donc : « Raison pour laquelle vous avez eu une montée en puissance des évacuations. »

Des pyrocumulonimbus ont déjà été observés lors de grands incendies en Australie, aux États-Unis ou encore au Canada. En France, en revanche, un tel phénomène n’avait jusqu’ici jamais été identifié sur un incendie de forêt, avance le spécialiste. En Gironde, les prévisionnistes surveillaient donc de près son éventuelle formation. Les conditions atmosphériques, combinées à l’intensité du feu, faisaient craindre l’apparition de ce type de nuage.

« Durant la nuit, ce pyrocumulonimbus s’est déclassé à la faveur d’une augmentation de l’humidité pas forcément prévue dans les prévisions, il s’est déclassé pour devenir un peu plus ‘normal’, mais toujours avec une certaine force », a rassuré Marc Vermeulen. Pour cette nuit de samedi à dimanche, les pompiers estiment qu’elle devrait être « propice au travail » si la météo reste favorable. Sébastien Lecornu assure tout de même que « les prochaines heures peuvent être difficiles », alors que le feu a déjà ravagé plus de 32 700 hectares.

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