« Il fait plus de 40 degrés et nous sommes sans eau ni électricité depuis mardi », résume dans une colère froide un habitant de Tombouctou, au Mali. Selon les nombreuses sources jointes par RFI, la centrale thermique de la ville est à l’arrêt complet, empêchant de faire fonctionner les infrastructures de l’EDM, la société publique d’électricité, et de la Somagep, l’entreprise de gestion de l’eau potable.
Le rang, les seaux et l’hygiène
La ville dispose bien de quelques forages accessibles aux habitants, généralement construits par des ONG, mais ils sont pris d’assaut. « Les femmes doivent faire le rang pendant des heures et marcher loin de chez elles avec leurs seaux, déplore un habitant. C’est une souffrance indicible, s’emporte un notable, les conditions d’hygiène sont exécrables. » L’hôpital de la ville continue toutefois de fonctionner grâce à l’énergie solaire et à des groupes électrogènes.
Sollicités par RFI, ni le gouvernorat, ni la délégation spéciale – qui tient lieu d’équipe municipale en l’absence d’élections – n’ont souhaité commenter.
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« Tout est lié à la pénurie de carburant »
Mais les nombreux Tombouctiens interrogés sont unanimes : « tout est lié à la pénurie de carburant », conséquence de l’embargo décrété par les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, en septembre dernier, qui pénalise en premier lieu les populations civiles.
Depuis environ un mois, selon les témoignages recueillis, les stations-service de Tombouctou sont à sec. « Jusqu’ici, la ville était encore approvisionnée par le marché noir, explique une figure de la ville. Les commerçants allaient chercher l’essence en Algérie, mais beaucoup ne partent plus parce qu’ils ont peur des frappes de drones de l’armée. » Résultat, même au marché noir, l’essence se fait rare et le litre se vend à 2 500 voire 3 000 FCFA, contre 875 F au prix réglementé, c’est-à-dire trois fois plus cher.
« Les gens marchent » et « les gens souffrent », « nous sommes démoralisés », témoignent encore plusieurs Tombouctiens.
Dans un communiqué diffusé jeudi 25 juin dans l’après-midi, la délégation spéciale de la commune urbaine de Tombouctou indiquait qu’une « campagne spéciale de distribution d’eau potable » devait débuter ce vendredi matin, « en partenariat avec la protection civile », afin de « soulager les difficultés rencontrées par les habitants et à garantir un accès minimal à l’eau potable en attendant une amélioration durable de la situation ».




