- Le gouvernement a publié, jeudi, son tout premier « bilan annuel des impacts du changement climatique en France ».
- Une première version qui permet d’avoir un aperçu concret de ses impacts dans le pays.
- Alors que l’année 2025 a été la quatrième la plus chaude jamais observée.
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Rendre concret ce qui peut parfois être difficile à mesurer. Si les vagues de chaleur qui s’enchaînent en France (nouvelle fenêtre) depuis le mois de mai viennent remettre la question du changement climatique au centre de l’actualité, il peut être compliqué, en dehors de ces périodes exceptionnelles, de mesurer réellement l’impact de la crise en cours sur le pays.
Dans ce cadre, après une préconisation du Haut Conseil sur le climat, le gouvernement a publié, jeudi 9 juillet, son tout premier « Bilan annuel des impacts du changement climatique en France » (nouvelle fenêtre). Le but ? « Documenter, année après année, ce que le dérèglement climatique produit concrètement sur notre territoire »
, répond la ministre de la Transition écologique Monique Barbut en préambule.
Voici ce que l’on peut retenir de l’année 2025.
Pollens, glaciers et maladies
C’est l’une des conséquences les plus connues de la multiplication des vagues de chaleur avec le changement climatique : la perte de masse des glaciers. Entre 2024 et 2025, dans les Alpes et les Pyrénées, ces derniers ont ainsi reculé de 2,6 mètres, contre 1,2 mètre en moyenne annuelle depuis les années 2000.
Un autre effet, un peu moins connu, concerne les allergies. « Les températures plus chaudes, en lien avec le changement climatique, permettent en effet
l’augmentation de la production de pollens par les plantes
, une libération des pollens plus précoce dans l’année et un déplacement vers le nord du pays »,
pointe le rapport.
Sur la seule année 2025, la quantité de pollen de bouleau était, par exemple, près de deux fois plus élevée que dans les
années 1980, notamment au mois d’avril. Une tendance avec des impacts clairs sur la population alors que 30% des adultes en France sont allergiques à ces pollens.
Côté santé toujours, la hausse des températures entraîne aussi l’apparition de nouvelles maladies et notamment de la désormais très connue dermatose nodulaire, qui a secoué les éleveurs français l’an dernier. La maladie, transmise par des insectes dont la prolifération s’intensifie avec la chaleur, est apparue pour la première fois dans le pays l’an passé avec 117 foyers détectés.
Inondations, canicule et sécheresse
Le changement climatique entraîne aussi en France de plus en plus d’événements extrêmes sur le territoire. Alors que depuis le mois de mai la chaleur frappe la France de façon exceptionnelle, l’année 2025 n’avait pas été, non plus, particulièrement fraîche. Elle a été frappée par deux vagues de chaleur intenses (du 19 juin au 4 juillet puis du 8 au 18 août) qui ont concerné 80% de la population française hexagonale. Des épisodes appelés à se répéter et s’intensifier dans le contexte actuel.
Les deux vagues de chaleur ont entraîné 5.722 décès, soit le deuxième bilan le plus élevé depuis 2014, ainsi que neuf accidents du travail mortels en lien avec la chaleur. Elles ont également provoqué des pics de pollution à l’ozone, 300 incidents sur le réseau SNCF avec plus de 25.000 minutes perdues pour les voyageurs et un arrêt total ou des baisses de production sur plusieurs centrales électriques.
Des températures élevées dans l’atmosphère qui ont entraîné une vague de chaleur marine extrême en juin-juillet en lien avec la première vague de chaleur de l’été, avec des températures 5°C supérieures aux normales le long du littoral méditerranéen français.

Autre marqueur : la sécheresse qui a concerné une large partie du territoire en 2025 et « s’inscrit dans la continuité des années précédentes »,
pointe le rapport. Ainsi, 78 départements ont connu des restrictions d’usage d’eau à la fin du mois d’août, des phénomènes de retrait-gonflement des argiles ont conduit à la reconnaissance de catastrophe naturelle pour 459 communes, avec un montant d’indemnisation évalué à 850 millions d’euros.
Plus de 16.000 feux de forêts et de végétation ont aussi touché le territoire pour un total de 30.500 hectares brûlés, dont 11.000 sur le seul incendie de Ribaute, dans l’Aude.
À l’inverse, la France a aussi connu des épisodes de précipitations intenses, provoquant des inondations, dont celles dans l’ouest fin janvier, le cyclone Garance en février, ou les épisodes méditerranéens de décembre 2025. Des événements qui ont provoqué le décès de 14 personnes, la reconnaissance en état de catastrophe naturelle de 900 communes et des perturbations dans la vie quotidienne comme des coupures d’électricité, des dégradations de la qualité de l’eau ou encore des retards dans les transports ferroviaires, aériens ou maritimes.
Un coût important
Le tout pour des conséquences économiques importantes. On estime que le coût des événements naturels (sécheresse, chaleur, précipitations…) – qu’ils soient directement liés au changement climatique ou non – s’élève à environ 5,2 milliards d’euros rien que pour l’an passé. D’où l’urgence de mener, en France, des politiques d’atténuation et d’adaptation. Car « chaque euro consacré à l’adaptation permet d’économiser entre deux et dix euros de dommages évités »,
pointe Monique Barbut.
D’autant que, malgré ses événements parfois extrêmes, 2025 n’a été classée « que » au quatrième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en France (nouvelle fenêtre) avec une température moyenne de 14°C, soit +2,4°C par rapport à la période préindustrielle, après 2022, 2023 et 2020.

Mais dans un climat qui se réchauffe, l’année 2025 pourrait être – a minima – courante à l’horizon 2050 avec un réchauffement anticipé de 2,7°C et une température moyenne annuelle de 14,3°C. À +4°C à l’horizon 2100, elle sera parmi les plus fraîches avec une température moyenne annuelle attendue alors de 15,6°C.











