« Nous avons discuté de questions d’intérêt mutuel et de coopération entre l’Ouganda et l’Iran », a affirmé le président ougandais Yoweri Museveni à l’issue de sa rencontre avec l’ambassadeur iranien.
Une rencontre interprétée par l’analyste Livingstone Sewanya comme une posture diplomatique davantage qu’une coopération concrète.
Car à la tête du Mouvement des non-alignés, Yoweri Museveni marche sur une ligne de crête, cherchant à ménager à la fois l’Iran, membre du bloc, et Israël, partenaire stratégique. Selon Livingstone Sewanya, cette démarche vise avant tout à réaffirmer la fidélité de Kampala aux principes de neutralité du mouvement.
Une analyse partagée par Alex Vines, du Conseil européen des relations internationales. Selon lui, Museveni est profondément attaché à l’esprit de non-alignement et cherche aussi à corriger l’embarras diplomatique provoqué par les déclarations pro-israéliennes de son fils. Les prises de position du général Muhoozi Kainerugaba pourraient même alimenter les interrogations sur sa capacité à succéder à son père, estime-t-il.
De son côté, l’analyste Godber Tumushabe voit dans cette séquence l’illustration du pragmatisme politique du président ougandais : une neutralité affichée, mais des liens étroits entretenus en coulisses avec des partenaires comme Israël, notamment dans les domaines de la défense et du renseignement.
Finalement, cette rencontre révèle une diplomatie d’équilibre : en cherchant à ménager tous ses partenaires, l’Ouganda apparaît aujourd’hui à la croisée des chemins, conclut Livingstone Sewanya.











