- Ce dimanche soir sur TF1, Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
- Le co-président de Place publique passera par la primaire organisée par son mouvement et le Parti socialiste à l’automne.
- Longtemps hostile à un tel système de désignation, il y prendra finalement part.
Suivez la couverture complète
Élection présidentielle 2027 : la course aux candidatures est lancée
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Il ne voulait pas en entendre parler. Pourtant ce dimanche 23 août sur TF1, Raphaël Glucksmann a annoncé, au JT de 20H de TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 via la primaire sociale-démocrate organisée par le PS et Place publique. Si les contours de cette primaire sont encore flous – ils doivent être précisés d’ici quelques jours, avant la rentrée des socialistes à Blois du 28 au 29 août – ce qui est certain, c’est que Raphaël Glucksmann a longtemps rejeté ce mode de désignation, avant de s’y plier.
Dès juin 2025, l’eurodéputé se dit profondément contre l’organisation d’une primaire pour désigner un candidat commun de la gauche en 2027. « Je ne participerai pas à un truc d’appareils qui produit une synthèse molle, car ça ne fonctionnera pas »
, expliquait-il au Monde
, ajoutant qu’il rejetait toute « candidature avec Jean-Luc Mélenchon »
. « En feignant de croire que nos deux offres sont conciliables, on fait passer le message que les idées importent peu. Ce n’est ni sincère, ni démocratique. […] Mettre ses principes dans sa poche, c’est la certitude de la faillite morale et de la défaite politique »
, estimait-il encore.
La primaire, « une machine à perdre »
Une primaire de la gauche débarrassée de LFI ne le convainc pas beaucoup plus. Idem de l’idée d’Olivier Faure d’organiser une primaire en deux temps : d’abord un scrutin interne au Parti socialiste et à ses alliés comme Place publique, avant que le vainqueur ne participe à une primaire plus large à gauche, ouverte notamment aux écologistes. Interrogé sur ce processus le 4 juin 2026 sur franceinfo
, Raphaël Glucksmann répondait : « Je n’ai toujours pas compris de quoi il s’agit. J’étais opposé à la primaire parce que je pense que c’est une machine à perdre. Désormais, au lieu d’une, on nous en propose deux. »
Il disait ne pas voir « en quoi cette deuxième primaire serait une machine à gagner »
, et son entourage attaquait auprès de l’AFP « un mécanisme qui nous enferme dans un entre-soi de la gauche »
.
En revanche, l’eurodéputé a toujours défendu un rapprochement avec le Parti socialiste en vue de 2027, conscient qu’il ne pourrait pas faire l’économie de son appareil et de ses ressources financières pour mener une campagne électorale. Dans cette optique, il a d’abord tenté de s’imposer à la direction socialiste par les sondages plutôt que par une primaire. Mais voilà, le député européen a compris qu’il pouvait difficilement enjamber un processus de désignation ouvert aux militants. « Je crois qu’il n’a pas le choix et que, quand on veut le soutien des socialistes, le moins que l’on puisse faire, c’est de se plier à la règle du départage démocratique »
, lui rappelait d’ailleurs le patron du parti à la rose Olivier Faure.
Ce qui a d’abord fait changer d’avis Raphaël Glucksmann sur sa participation à un tel scrutin ? Le vote des militants socialistes en faveur d’une primaire sociale-démocrate fermée, c’est-à-dire réservée aux seuls militants PS et Place publique et non plus à leurs sympathisants comme le souhaitait le Premier secrétaire du PS. Conséquence : le corps électoral promis est plus restreint, et plus favorable à Raphaël Glucksmann. « Nous y voyons une main tendue des adhérents du Parti socialiste à celles et ceux de Place publique (…) Cette main tendue, nous la saisissons »
, réagissait à l’issue du vote Place publique dans un communiqué. Par ailleurs, cette décision socialiste est venue clore définitivement la porte à la primaire unitaire de la gauche pour laquelle plaidait Olivier Faure et à laquelle le député européen était opposé.
Une charte des valeurs excluant tout accord avec LFI en vue des législatives de 2027
Aussi, ces dernières semaines, l’entourage du candidat a mené des négociations pour tenter d’imposer sa ligne et ses modalités pour cette primaire à laquelle participeront le député PS de l’Eure Philippe Brun, celui de l’Essonne Jérôme Guedj et l’ex-ministre et candidate à la présidentielle Ségolène Royal. Il s’agit surtout d’imposer la rédaction d’une charte des valeurs, Place publique souhaitant par exemple mettre en avant des engagements sur les questions sociales, écologiques, internationales (soutien à l’Ukraine par exemple), et sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
Ensuite, l’objectif pour le député européen sera de l’emporter et de s’imposer largement pour éteindre toutes les candidatures qui pourraient émerger hors primaire, notamment celles de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ou de l’ancien président de la République François Hollande. S’il devait s’incliner, il a toutefois promis ce dimanche soir de respecter « les règles »
et de soutenir le vainqueur, quel qu’il soit.



