Les six accusés sont Charlie Sun, Kamel Ben Mbarek, Mehdi Ismaël Sida, Ibrahim Azahaf, Noureddine el-Mansouri et Najib Megherbi. Tous ont assisté à cette première audience, certains vêtus d’une combinaison orange. Pendant près de trois heures, le juge a notamment donné lecture des conclusions de l’enquête et des déclarations des suspects.
Selon l’enquête, les six hommes avaient rejoint des territoires contrôlés par l’organisation terroriste État islamique (EI) après être passés par la Turquie. Leur prochaine audience a été fixée au 5 octobre. Tous risquent la peine de mort en Irak, selon leurs avocats français, qui n’ont pas la certitude d’être autorisés à se rendre sur place pour cette nouvelle étape du procès.
Des appels au rapatriement en France
Malgré le lancement de la procédure devant la justice irakienne, les avocats des accusés et des défenseurs des droits humains continuent de demander à la France de rapatrier ses ressortissants pour les juger. Ils soulignent que les faits qui leur sont reprochés ont été commis en Syrie et non en Irak, qu’ils ont possiblement été torturés pendant leur détention et qu’ils risquent d’être privés d’un procès équitable et d’être exécutés.
Dans un communiqué publié jeudi, ces avocats, dont Marie Dosé et Matthieu Bagard, ont également dénoncé l’opacité des procédures judiciaires en Irak et l’impossibilité de représenter leurs clients, privés selon eux des droits de la défense.
La Fédération internationale des droits humains (FIDH) rappelle par ailleurs que certains de ces Français étaient mineurs lorsque leurs parents les ont emmenés en Syrie. Ibrahim Azahaf était notamment arrivé dans le pays à l’âge de 14 ans, selon ses avocats. Noureddine el-Mansouri a, lui, été déchu de sa nationalité française en juin 2026, une décision qui fait l’objet d’un recours.
Onze Français condamnés à mort en 2019
En 2019, 11 ressortissants français avaient déjà été condamnés à mort par la justice irakienne pour leur appartenance au groupe État islamique. Leurs peines ont ensuite été commuées en appel en prison à perpétuité.
Plus largement, les tribunaux irakiens ont prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des personnes reconnues coupables de « terrorisme », parmi lesquelles de nombreux combattants étrangers de l’organisation. Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé des procès précipités, jugés expéditifs et dépourvus de garanties procédurales.
Le « califat » autoproclamé de l’organisation État islamique s’était étendu sur de vastes territoires en Syrie et en Irak, où l’organisation régnait par une violence extrême et accueillait dans ses rangs des jihadistes venus de tous les continents. Le groupe a été vaincu en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie, mais des cellules de l’organisation jihadiste restent actives dans les deux pays.
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