La mesure, annoncée mercredi soir et applicable « avec effet immédiat », prévoit plusieurs dérogations. Les cargaisons déjà en cours d’acheminement pourront être exportées. Selon l’arrêté publié, les exportations réalisées dans le cadre d’accords gouvernementaux liés à la sécurité alimentaire restent également autorisées, tout comme certains volumes limités destinés à l’Union européenne et aux États-Unis.
Des récoltes menacées par El Niño
Cette décision intervient alors que les autorités indiennes s’inquiètent de la prochaine récolte de sucre, attendue à partir d’octobre. La culture de la canne à sucre, très gourmande en eau, pourrait être affectée par une mousson moins abondante que prévu sous l’effet du phénomène climatique El Niño.
L’économie indienne traverse également une période de fortes tensions. Très dépendante des importations d’énergie et d’engrais en provenance du Moyen-Orient, elle subit les conséquences des frappes américano-israéliennes contre l’Iran déclenchées le 28 février. Dans ce contexte, les perspectives de croissance du pays le plus peuplé du monde, avec 1,4 milliard d’habitants, restent fragiles.
Les exportations indiennes de sucre ont déjà fortement reculé ces dernières années. Selon les données du gouvernement, après un record de 11 millions de tonnes en 2021-2022, elles sont tombées à 6,3 millions de tonnes en 2022-2023, puis à seulement 100 000 tonnes en 2023-2024. Elles se sont légèrement redressées en 2024-2025, à environ 900 000 tonnes selon les chiffres officiels.
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