- Dix ans après le crash du vol MS 804 d’Egyptair reliant Paris au Caire, qui avait fait 66 victimes, le parquet de Paris a réclamé un non-lieu général.
- L’enquête « n’a pas permis de caractériser d’autres fautes » que celles imputées aux membres d’équipage, tous décédés, selon le parquet.
- « Un déni de justice » aux yeux des familles de victimes.
Dix ans après le crash du vol MS 804 d’Egyptair reliant Paris au Caire, le parquet a demandé un non-lieu dans l’affaire, a-t-on appris ce jeudi 14 mai. L’enquête « n’a pas permis de caractériser d’autres fautes »
que celles imputées aux membres d’équipage, tous décédés, a indiqué une source proche du dossier à l’AFP. La demande a été formulée le 7 avril dernier, selon la même source.
Le vol s’était abîmé en mer Méditerranée le 19 mai 2016, entre la Crète et l’Égypte, faisant 66 morts, dont 40 Égyptiens et 15 Français.
Le parquet, dans son réquisitoire définitif consulté par l’AFP, estime que l’accident résulte d’un incendie déclenché par la rencontre « d’une fuite d’oxygène provenant du boîtier de rangement du masque à oxygène du pilote »
et d’une « source de chaleur inconnue »
dans le cockpit. L’incendie, violent et brutal, n’a laissé aucune chance à l’équipage ni aux passagers. Le parquet estime que cette fuite d’oxygène fatale est due à « l’engagement intempestif »
d’un bouton d’urgence par le copilote. Elle a de plus « eu lieu dans un contexte de fonds musical et d’une attitude de l’équipage considérée comme trop peu professionnelle par les différents experts et témoins »
qui ont eu accès aux enregistreurs de vol, souligne-t-il.
Les familles réclament une vérité « complète »
« Envisager un non-lieu aujourd’hui, c’est envisager un déni de justice, alors que les parties civiles ont plusieurs demandes en attente devant la chambre de l’instruction »
, a réagi auprès de l’AFP Me Sébastien Busy, avocat de nombreuses familles et de la Fenvac, la principale association de victimes. « L’instruction aurait peut-être dû par exemple s’inquiéter des consignes qui
autorisaient à fumer
dans le cockpit, à accepter des gens dans le cockpit, ainsi qu’à y diffuser de la musique en continu »,
a-t-il ajouté. « Il aurait été utile d’entendre la compagnie en France, comme nous l’avons demandé. »
La famille de Clément Cormary Daeschner, l’une des victimes, demande « que la justice poursuive les investigations nécessaires afin que la vérité puisse être établie de manière complète, sérieuse et conforme aux données factuelles du dossier »
, fait savoir à l’AFP son avocat, Me Antoine Lachenaud. Dix ans après la catastrophe, les familles ont dénoncé dans un communiqué « le sentiment d’une justice bâclée »,
disant « être abandonnées »
.
Les juges d’instruction doivent désormais décider s’ils prononcent un non-lieu ou s’ils accèdent aux demandes des parties civiles, qui réclament des investigations supplémentaires sur la maintenance de l’appareil ainsi que la mise en examen de la compagnie égyptienne.




