samedi, mai 2

  • Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a estimé cette semaine que Washington n’avait « aucune stratégie » face à l’Iran, déclenchant la colère de Donald Trump.
  • Dans le sillage de cette passe d’armes, le Pentagone a annoncé qu’il allait retirer quelque 5.000 militaires d’Allemagne d’ici un an.
  • Le président américain envisage aussi de réduire ses forces en Italie et en Espagne, qu’il accuse également de ne pas le soutenir suffisamment dans le conflit.

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Donald Trump avait clairement exprimé son agacement envers le chancelier allemand quelques jours plus tôt, sur fond de guerre en Iran. Le Pentagone a annoncé vendredi 1ᵉʳ mai le retrait de quelque 5.000 militaires américains d’Allemagne (nouvelle fenêtre) d’ici à un an. En cause, des critiques de Berlin sur les choix de Washington quant au conflit en cours.

Alors que les efforts pour arriver à un règlement négocié de la guerre sont au point mort (nouvelle fenêtre), le président américain s’en prend à ses alliés traditionnels européens, à qui il reproche un manque de soutien dans son offensive lancée fin février contre la République islamique. Après avoir menacé l’Union européenne de surtaxes douanières ciblant l’automobile (nouvelle fenêtre), son gouvernement a indiqué prévoir un désengagement, qui correspond à environ 15% des quelque 36.000 soldats américains stationnés en Allemagne. « Nous prévoyons que le retrait se termine dans les six à douze prochains mois », a estimé le porte-parole du ministère de la Défense, Sean Parnell, dans un communiqué.

« Il ne sait pas de quoi il parle ! » : le chancelier allemand vivement critiqué

Donald Trump avait évoqué cette semaine la possibilité d’une réduction des forces armées américaines (nouvelle fenêtre) stationnées en Allemagne, pays allié membre de l’Otan, après des propos du chancelier Friedrich Merz. Le dirigeant allemand a estimé lundi que « les Américains (n’avaient) visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale. « Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », avait rétorqué le président américain mardi. Sans répondre directement, le chancelier avait appelé jeudi à « un partenariat transatlantique fiable ».

Depuis la fin de la Guerre froide, la présence américaine en Allemagne a été considérablement réduite, mais elle reste un pilier de la politique de sécurité de l’Allemagne, en particulier dans le contexte de la menace russe croissante (nouvelle fenêtre) depuis l’invasion de l’Ukraine. Elle représente aussi des milliers d’emplois et de contrats pour une économie allemande en panne.

Outre l’Allemagne, Donald Trump a déclaré jeudi envisager également une réduction des forces américaines en Italie et en Espagne, toujours sur fond de guerre en Iran (nouvelle fenêtre). « L’Italie n’a été d’aucune aide et l’Espagne a été odieuse, absolument odieuse », a-t-il estimé. Fin 2025, l’Italie comptait 12.662 soldats américains en service actif et l’Espagne 3.814, selon un décompte officiel.

L’Union européenne a souligné jeudi que la présence de troupes américaines en Europe servait « également les intérêts des États-Unis dans le cadre de leur action à l’échelle mondiale ».

Vendredi, Donald Trump s’en est aussi indirectement pris à l’Allemagne et à ses importantes exportations d’automobiles en annonçant vouloir relever à 25% « la semaine prochaine » les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne. Il reproche aux Vingt-Sept de ne pas respecter l’accord commercial conclu l’été dernier, alors que le processus de validation de cet accord n’est pas encore arrivé à son terme au sein du bloc européen. L’industrie automobile allemande serait durement touchée par la mesure, et le républicain a d’ailleurs accusé les constructeurs Mercedes et BMW d’avoir « dépouillé » les Américains « pendant des années ».

M.L. avec AFP

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