- À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les maires pourront installer des radars sur leurs routes à leurs frais.
- Une évolution qu’ils attendaient, mais qu’ils ne pourront sans doute pas s’offrir.
- Toutes les explications dans ce reportage du JT de TF1 en Haute-Garonne.
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Le 13H
Ils n’en pouvaient plus de l’attendre, et ils le clamaient déjà haut et fort au micro de TF1 dans un reportage du JT datant de novembre 2023. Après plus de quatre ans d’attente au total (la loi avait été adoptée le 9 février 2022), il est finalement arrivé, le décret d’application qui permettra aux maires, à partir du 1er janvier prochain, d’installer leurs propres radars dans leurs communes, aux frais de la collectivité locale… Sauf que les voici désormais confrontés à une nouvelle problématique, peut-être plus épineuse : celle du coût de ces appareils, jusqu’alors financés par l’État. Un coût tellement élevé que la plupart des édiles envisagent déjà d’y renoncer, comme le montre le reportage du 13H en Haute-Garonne visible en tête de cet article.
Dans le détail, il faut compter entre 70.000 et 160.000 euros pour le radar, 2.000 euros pour les panneaux de signalisation afférents, et 4.000 euros de frais de maintenance, soit une facture moyenne estimée à plus de 200.000 euros. Interrogé par TF1, Marc Péré, maire (DVG) de L’Union (Haute-Garonne), commune de 12.000 habitants, ne cache pas qu’il trouve cela beaucoup trop cher à l’échelle locale : « Ça peut être l’équivalent du budget que nous consacrons pour l’investissement dans une école. Donc nous sommes pris entre les exigences des riverains qui souhaitent avoir des radars, et nos finances communales. »
Avant de récupérer 80.000 euros, ça va demander plusieurs années
Avant de récupérer 80.000 euros, ça va demander plusieurs années
Robert Médina, maire (SE) de Mondouzil
Si cette mesure vise à donner davantage d’autonomie aux municipalités dans la lutte nationale contre l’insécurité routière, elle devrait ainsi se heurter aux limites financières des collectivités, sans un soutien plus appuyé de l’État. Car, malgré l’arrivée attendue du décret d’application, les communes continueront de ne percevoir que 20% des recettes des contraventions pour financer leurs radars. « S’il y a une amende de 135 euros, 20%, ça fait 27 euros. Alors, avant de récupérer 80.000 euros, ça va demander plusieurs années, à mon avis »
, calcule Robert Médina, maire (SE) de Mondouzil, un village d’à peine 200 âmes.
Pourtant, à écouter ses habitants, l’installation d’un radar n’est pas nécessaire, mais indispensable. « La plupart des véhicules arrivent à plus de 50 km/h sur le passage piéton et comme c’est un virage, la visibilité est compliquée. Donc très souvent, on se retrouve obligé soit de reculer, soit de s’arrêter, pour éviter un impact »
, confie une mère de famille traversant quotidiennement cette périlleuse départementale pour rentrer chez elle.
Une autre riveraine ajoute : « À l’instant où ils verront qu’ils ont une amende, ils lèveront le pied. Il n’y a que ça qui va les faire ralentir. »
Un radar « municipal » pourrait toutefois susciter de nouveaux mécontentements, si les frais d’installation se répercutent, comme on peut s’y attendre, sur les impôts locaux.




