dimanche, juin 14

La station d’Évian-les-Bains, plus connue pour son eau minérale que pour la géopolitique, va se transformer à partir de lundi en centre névralgique provisoire de la diplomatie mondiale, à l’occasion des retrouvailles des dirigeants des sept principales économies industrialisées.

Le 52e sommet du G7 se tient jusqu’à mercredi sur la rive française du lac Léman. Il intervient, de l’avis général, dans un contexte particulièrement tendu.

Donald Trump doit s’envoler pour la France dimanche soir, après avoir assisté à un combat d’arts martiaux mixtes organisé sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, un événement qui marque avec son 80e anniversaire. Ce départ tardif a conduit à un décalage d’une journée du sommet.

Selon un communiqué de l’Élysée, Donald Trump doit atterrir à Évian lundi à 17 heures, soit deux heures avant les autres dirigeants, afin de participer à un entretien bilatéral avec Emmanuel Macron.

La première journée du sommet s’achèvera par un dîner de travail « Répondre ensemble aux grands enjeux internationaux ».

Accord États-Unis-Iran : un compromis encore incertain

Alors que les dirigeants du monde arrivent à Évian, tous les regards se tournent vers un possible accord de paix entre Washington et Téhéran, un compromis présenté comme plus proche que jamais depuis le lancement de la guerre par Donald Trump contre l’Iran en février.

Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué qu’un accord pourrait intervenir dans les prochains jours, sans être « garanti à 100 % ». Le Pakistan, médiateur clé, évoque de son côté une issue plus proche que « jamais auparavant ».

Les enjeux économiques sont considérables. Jusqu’au début du conflit, environ un quart du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime transitait par le détroit d’Ormuz, que l’Iran a fermé aux « nations hostiles » début mars, provoquant une flambée des prix du carburant.

Même en cas d’accord, le déminage du détroit représenterait une opération militaire d’ampleur. Le Royaume-Uni et la France ont élaboré une proposition de déminage, appuyée par des militaires de plus de 15 pays, conçue pour être déployée rapidement après un accord de paix. Son adoption devrait figurer parmi les objectifs du sommet, même si Donald Trump a minimisé la semaine dernière la menace des mines iraniennes, alors que le secrétaire d’État Marco Rubio reconnaissait que de larges zones du passage resteraient minées.

Au cœur du sommet, une relation Macron-Trump abîmée

Emmanuel Macron accueille le sommet, alors que sa relation avec Donald Trump sera scrutée de près. La proximité affichée des débuts a laissé place à une relation plus transactionnelle, même si un canal de communication direct, par appels et messages, subsiste.

« La bromance a disparu, mais il existe entre eux, dans la même pièce, une forme de respect mutuel, accordé à contrecœur », a confié un responsable européen, cité par le Financial Times.

Les Européens arrivent avec plusieurs points de friction : les droits de douane américains sur les produits de l’UE, les ambiguïtés de Trump concernant l’OTAN, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz. « En 2025, les Européens étaient prêts à accepter une stratégie de soumission », estime Max Bergmann, du Centre for Strategic and International Studies, cité par le FT. « Ils y sont beaucoup moins disposés en 2026. »

Le Premier ministre canadien Mark Carney arrive pour sa part après un déplacement à Dublin, où il a prononcé un discours remarqué à la veille du sommet. « L’Irlande et le Canada traversent une rupture mondiale, pas une transition en douceur », a-t-il déclaré au Trinity College. « L’ordre fondé sur des règles de l’après-guerre froide est en train de se déliter. »

Ukraine et IA : les autres lignes de fracture

Volodymyr Zelensky participera mardi matin à une session de travail du G7 intitulée « Construire la paix et la sécurité pour l’Ukraine et l’Europe », sans rencontre bilatérale prévue avec Donald Trump, un signal perçu comme révélateur du poids limité de Kyiv à Washington.

La deuxième journée sera également consacrée aux entretiens bilatéraux. Donald Trump doit, de son côté, enchaîner plusieurs rencontres avec les dirigeants du Qatar, des Émirats arabes unis, de l’Égypte et de l’Inde.

Les réunions de mercredi porteront sur la « relance d’une croissance économique équilibrée, partagée et durable, au bénéfice de tous », ainsi que sur le « déploiement sûr, rapide et efficace de l’intelligence artificielle », selon l’Élysée.

Une partie des discussions intervient sur fonds de tensions autour de l’IA, après la suspension d’accès aux modèles d’Anthropic les plus puissantes, Claude Fable 5 et Mythos 5, pour les utilisateurs non américains, à la suite d’une directive de l’administration américaine, invoquant un risque pour la sécurité nationale. Une décision dénoncée dans plusieurs capitales européennes.

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Le sommet réunira un ensemble inédit d’acteurs du secteur. Les directeurs généraux d’OpenAI, Google DeepMind et Anthropic – Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei – ont confirmé leur présence, le premier à rassembler les dirigeants des trois principales entreprises d’IA.

Emmanuel Macron a personnellement invité Sam Altman, qui participera pour la première fois à un sommet du G7.

Le président français tiendra une conférence de presse mercredi à l’issue du sommet, à 15 heures.

Une manière de faire rester Donald Trump jusqu’à la fin ? Après la clôture du G7, le président américain se rendra au château de Versailles pour un dîner avec Emmanuel Macron. Selon l’Élysée, cette réception marquera le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, dans un « haut lieu de l’amitié franco-américain où fut signé en 1783 le traité consacrant l’indépendance » des États-Unis.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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