Sa voix est éraillée, son discours ne dépassera pas les 25 minutes. Viktor Orban est visiblement fatigué en cette fin de campagne, la plus dure de tout son règne, rapportent nos envoyés spéciaux, Julien Chavanne et Hélène Bienvenu. Alors pour mobiliser son électorat, il agite encore et toujours la menace de la guerre en cas de défaite.
« Le choix qu’on a en face de nous, c’est de savoir qui va former un gouvernement : Zelensky ou moi ? Et entre les deux je dirais qu’il vaudrait mieux que ça soit moi. »
Et dans la foule où l’on trouve de nombreuses personnes âgées, ça marche : les idées les plus folles circulent comme celle de Sandor, un retraité. « En Ukraine, ils recrutent pour 100 000 Florint (environ 260 euros) des personnes qui parlent un peu le hongrois et qui ont une expérience militaire pour venir occuper parlement à Budapest au lendemain du vote. »
Mais au micro, personne ne cache son inquiétude avant le vote de dimanche.
« Oui, c’est difficile, les opinions sont très divisées et les positions des uns et des autres changent pratiquement de minute en minute », souligne Erika, étudiante en psychologie.
Sur scène, Viktor Orban non plus ne fanfaronne pas. « On ne peut jamais prédire le résultat d’une élection mais si nous nous connaissons bien alors je pense pouvoir dire que les Hongrois vont voter pour la sécurité dimanche. »
Menacé, Viktor Orban joue sur les peurs et accuse d’avance l’opposition de vouloir saboter le scrutin dimanche.
Orban, un modèle pour Trump
En début de semaine, le vice-président des Etats-Unis, JD Vance était à Budapest pour soutenir Viktor Orban. La proximité idéologique est évidente et Viktor Orban s’était exprimé à la CPAC, la conférence de l’action politique conservatrice, en 2022, rappelait Guillaume Naudin sur RFI.
La défaite de Viktor Orban, selon le spécialiste des politiques européennes et professeur à l’Université de Georgetown, Daniel Kelemen, serait une gifle pour l’administraton Trump. « Il admire la manière dont Orban a construit un système qui conserve l’aspect d’une démocratie tout en gardant le pouvoir si longtemps… Non seulement pour asseoir son régime, mais aussi pour s’arroger des privilèges personnels et régner comme un homme fort », souligne t-il au micro de notre correspondant à Washington, Vincent Souriau.
Quelles sont les solutions de repli pour l’extrême-droite américaine ? Il suffit, souffle Daniel Kelemen, de regarder quels sont les gouvernements pro-russes en Europe, et vous trouverez des alliés potentiels pour Donald Trump : « Robert Fico en Slovaquie, le Premier ministre très pro-Poutine, est une sorte de mini-Orban et un partisan de Trump… (Marine) Le Pen et (Jordan) Bardella, si le Rassemblement national prend le pouvoir (en France) seraient des alliés… Le plus important c’est de comprendre que le monde MAGA et l’administration Trump veulent affaiblir les partis pro-démocratie traditionnels, pas seulement à gauche, mais aussi ceux du centre-droit ».
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Donald Trump a encore promis hier, vendredi, d’aider économiquement la Hongrie si Viktor Orban restait à la tête du gouvernement. Et on se souvient que le même engagement avait été pris auprès du président argentin Javier Milei ou du nouveau président du Honduras Nasry Afura. Il serait temps, déplore Daniel Kelemen, que les responsables européens haussent le ton face à ce genre d’interférence aussi bien russe qu’étatsunienne.











