- Des chercheurs australiens ont équipé des cafards pour administrer les premiers soins à d’éventuelles victimes de catastrophes.
- Pour ses inventeurs, ils seraient beaucoup plus efficaces (et moins chers) que les robots.
- Ce n’est pas la première fois que l’homme utilise l’animal pour atteindre des lieux inaccessibles, montre ce sujet du 20H de TF1.
Suivez la couverture complète
Le 20H
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Il est un peu effrayant, mais il pourrait bien un jour sauver des vies. Cet impressionnant cafard australien, équipé d’une mini-caméra installée sur son dos, est capable de localiser des victimes bloquées dans des décombres, là où ni les hommes ni les sondes ne peuvent passer. Les chercheurs de l’université du Queensland l’ont même chargé d’une seringue, qui peut être propulsée à 15 cm de distance par un tir pour effectuer une injection sur un blessé, comme on le voit dans la vidéo du 20H ci-dessus.
Ce sauveteur mesure jusqu’à 8 cm de long et l’expérience est réalisée sans souffrance animale, assurent les scientifiques. « Nous commençons par anesthésier l’insecte. Il est immobilisé et il ne ressent rien quand nous lui installons des électrodes »
, explique l’ingénieur en bio-robotique Thang Vo-Doan. Des électrodes qui servent à diriger l’insecte à distance grâce à une télécommande et un principe assez simple. Deux électrodes sont placées sur le système nerveux du cafard, à la base de ses antennes. Une impulsion à gauche suffit à lui faire croire qu’un obstacle est devant lui : il tourne alors à droite.

Pour ses inventeurs, le « paraborg », comme ils le nomment (nouvelle fenêtre) (contraction de paramedic et de cyborg, en anglais
), serait beaucoup plus efficace que des robots pour ce type de mission. Ces derniers sont jugés encore maladroits, mais aussi beaucoup plus chers que des insectes. « Quand on construit un robot, il ne s’agit que d’imiter les mouvements d’un insecte. Mais c’est une tâche encore extrêmement délicate. Le robot ne peut pas égaler les capacités réelles d’un insecte »
, estime Thang Vo-Doan.
La concurrence sur ce nouveau marché des cyborgs est mondiale. La Chine a par exemple mis au point un rat sauveteur télécommandé. Lors des expériences, son intelligence a même été décuplée par un algorithme. Ces capacités animales intéressent bien sûr les armées. Depuis les années 60, des dauphins sont utilisés pour repérer les mines sous-marines, que les soldats neutralisent ensuite. Aujourd’hui, des méduses contrôlées à distance peuvent aussi explorer les fonds marins et devenir des espions insoupçonnables et très efficaces. Dernière invention en date, le criquet-cyborg de l’université Washington de Saint-Louis. Dès qu’il sent l’odeur d’un explosif, une alarme est déclenchée à distance.
La rédaction de TF1info | Vidéo : Benoît CHRISTAL et Sébastien DESHAIES

