jeudi, avril 16

  • Le 42e Observatoire de l’immobilier, publié par Meilleurtaux, ne révèle pas de changement sur les taux accordés par les banques ou le profil des emprunteurs.
  • En revanche, il note un rallongement progressif de la durée des crédits.

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Investir dans l’immobilier

En 2025, les notaires ont enregistré 945.000 transactions (nouvelle fenêtre). Les prix des maisons se stabilisent tandis que ceux des appartements progressent légèrement. Face à des prix immobiliers toujours très élevés, les acheteurs doivent identifier des subterfuges pour décrocher leurs prêts. Ils ne peuvent pas compter sur une baisse des taux : après une grande volatilité, le coût réel des emprunts sur 20 ou 25 ans se stabilise entre 3 et 3,5%. 

Le 42e Observatoire de l’immobilier, publié par le réseau de courtiers Meilleurtaux, montre que les acquéreurs empruntent des sommes de plus en plus importantes. Entre 2010 et 2025, les montants moyens ont progressé de 156.000 à 222.000 euros. Pas de quoi « significativement altérer le fonctionnement du marché« , commente à TF1info, Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux  : « Dans notre réseau, l’âge moyen des emprunteurs se maintient autour de 36 ans. Les primo-accédants représentent environ 70% du marché. Après une forte chute avant la crise du Covid-19, conjuguée à des taux bas, la part de l’apport connaît une brusque remontée. Elle a atteint, en 2024, 63.000 euros en moyenne. » 

Le rapport note que l’emprunteur moyen décroche, en couple, un crédit pour acheter pour la première fois (nouvelle fenêtre). Le foyer doit disposer de plus de 5.100 euros de revenus. « En Île-de-France, les montants de l’apport s’approchent de 100.000 euros, l’emprunt dépasse 300.000 euros et les niveaux de revenus tournent autour de 6.900 euros. De quoi faire largement grimper la moyenne nationale« , ajoute Maxime Chipoy. 

Rallongement de la durée des prêts

Le baromètre pointe néanmoins une évolution majeure : le rallongement progressif de la durée des prêts. « La durée moyenne des prêts est passée d’un peu plus de 18 ans en 2014 à plus de 22 ans et demi en 2025. Au global, 54% des emprunteurs souscrivent un crédit sur 25 ans. Quand les prix restent hauts, que les salaires évoluent faiblement et que le taux d’endettement est strictement encadré par les pouvoirs publics, la seule variable d’ajustement reste la durée« , regrette l’expert. Pour rappel, le Haut conseil de stabilité financière (nouvelle fenêtre) limite la maturité du crédit à 25 ans (avec une tolérance de deux ans de différé d’amortissement dans le neuf). De quoi inquiéter Maxime Chipoy : « Cette augmentation rapide pourrait poser des problèmes. Si nous devons faire face à une nouvelle vague d’augmentation des prix, nous atteindrons la limite. Si nous ne pouvons plus augmenter la durée des crédits, les acquéreurs devront différer leur projet d’achat ou réduire la surface de leur bien immobilier.« 

La guerre en Iran n’a pour l’instant pas de conséquence sur le marché immobilier : « Nous n’envisageons pas de crise à venir malgré les nouvelles anxiogènes. Le niveau de transaction reste très élevé et les taux n’augmentent que de manière homéopathique« , rassure Maxime Chipoy. Mais si le conflit perdure ou s’aggrave, des conséquences pourraient se faire sentir sur le marché de l’immobilier : « La montée de l’inflation et le ralentissement de l’activité risquent de porter les taux jusqu’à 4%. L’effet conjugué de la hausse des taux, de l’incertitude qui va refroidir les clients et du taux d’usure qui va bloquer certaines situations vont peser lourd sur le marché. »  

Sabine BOUCHOUL

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