- En France, près d’un quart des ordures ménagères sont encore enfouies.
- En 2022, dernier chiffre officiel, 17 millions de tonnes de déchets ont été enterrés.
- Regardez ce reportage du JT de TF1 dans la Manche et en Seine-Maritime.
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Le 13H
En 2022, dernier chiffre officiel en date, l’équivalent de 1.700 Tours Eiffel, soit 17 millions de tonnes de déchets, ont été enterrés dans le sol français. On estime même qu’aujourd’hui encore, près d’un quart de nos ordures ménagères sont enfouies. « Ici, vous avez environ un an de déchets produits par les habitants du Centre-Manche, mais également par les entreprises de la région »
, montre à la caméra de TF1, dans le reportage du 13H visible en tête de cet article, Laurent Pien, dirigeant du centre d’enfouissement de déchets de Saint-Fromond (Manche), où d’immenses parcelles seront recouvertes de terre dans les prochaines semaines. « Il faut imaginer une immense boîte de conserve totalement imperméable, avec une couche d’argile au fond et sur les côtés, complètement compactée, qui assure entièrement l’étanchéité »
, tente-t-il ensuite de rassurer.
Si un liquide s’infiltre dans le sol, cela créera une pollution supplémentaire. Et dans l’attente de l’enfouissement, le vent fait s’envoler les déchets… Une extension du site a coûté 11 millions d’euros, soit beaucoup moins qu’un incinérateur à l’achat, mais la décharge sera vite saturée. Ce qui inquiète les habitants du village voisin, déjà excédés par les nuisances actuelles, principalement olfactives. « Le matin, je ferme les fenêtres parce que, vraiment, c’est infernal »
, témoigne l’un. Le centre d’enfouissement fermera dans quatre ans. Un incinérateur sera construit à quelques kilomètres, pour 250 millions d’euros.
Pour diminuer l’incinération et l’enfouissement de nos déchets, une trentaine de collectivités pensait avoir trouvé la solution : une machine TMB, pour tri mécano-biologique, capable de séparer en trois jours les déchets pouvant être compostés des autres. Un dispositif permettant de réduire l’enfouissement de moitié, tout en produisant une matière organique à même d’enrichir les sols des agriculteurs locaux. Problème : on trouve, à l’intérieur de ce compost, des microplastiques et du verre. À compter de l’année prochaine, il sera interdit de l’épandre dans les champs… En l’état, ce site d’enfouissement de Brametot (Seine-Maritime), qui a coûté 23 millions d’euros à la collectivité il y a quatorze ans, n’a donc plus d’avenir, lui non plus. « On n’a pas encore amorti, puisque l’emprunt court jusqu’en 2034. On estime à 12 millions d’euros notre dette résiduelle »
, précise Fabrice Dubus, dirigeant de ce site. Pour l’heure, la seule solution viable reste de mieux trier nos déchets lorsque nous les jetons.




