- Le ministre du Travail s’oppose ce jeudi au congé climatique mis en avant par Marine Tondelier.
- La patronne des Écologistes propose la mise en place d’un congé payé de cinq jours pour faire face aux aléas climatiques, inspiré de nos voisins espagnols.
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Météo : un épisode de chaleur précoce sans précédent avant l’été
Quelles solutions face aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes ? Le gouvernement se réunit jeudi 28 mai dans l’après-midi pour une réunion interministérielle sur la canicule, présidée par Sébastien Lecornu, afin de plancher sur cette question épineuse. Des membres de l’opposition n’ont pas hésité à déjà mettre leurs idées sur la table.
À l’image de la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, qui a proposé la création d’un congé payé climatique de cinq jours par an afin de se préparer aux événements environnementaux contraignants tels que les vagues de fortes chaleurs. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou n’a pas manqué de balayer le projet, ce jeudi 28 sur le plateau de franceinfo, avançant qu’il
est
plutôt « favorable à la prévention »
et qu’il « vaut mieux ne pas exposer les salariés et les compenser financièrement »
.
L’ancien numéro 1 de la SNCF estime que « c’est une bien meilleure décision, y compris pour la santé des salariés »
. Selon ce dernier, « il ne s’agit pas de réparer les atteintes possibles à la santé »
et « les entreprises savent ce qu’elles doivent faire »
. Jean-Pierre Farandou cite l’exemple du BTP, très exposé à ces vagues de chaleur, où les employés de ce secteur sont dédommagés financièrement grâce à un système de caisses mutualisées en cas d’interruption de chantiers pendant les canicules.
Pour la candidate à la présidentielle 2027, cela ne suffit pas puisque « quatre personnes sur dix dans ce pays sont exposées dans l’année à de très fortes chaleurs »,
expliquait-elle le 1ᵉʳ mai sur Sud Radio. Avant d’ajouter qu’« aujourd’hui, il y a un décret un peu vague en France qui ne donne même pas de seuil de degrés à partir duquel on arrête. Et surtout, les gens peuvent se mettre en retrait ou une entreprise peut fermer, mais ce n’est pas vraiment un congé payé. Donc ça se fait en fait sur le dos des travailleurs. »
Indemnisation de quatre jours en Espagne
La patronne du parti écologiste ambitionne un « droit permettant à celles et ceux qui ne peuvent pas télétravailler de ne pas se rendre au travail tout en étant indemnisés lorsque les autorités publiques recommandent ou imposent des restrictions liées à un événement climatique »
.
La responsable politique s’inspire de l’Espagne. Ce dispositif a en effet été adopté en novembre 2024 pour quatre jours afin de réduire au maximum les déplacements pendant les périodes à fort risque météorologique. Avec cette mesure, les autorités ont tenté d’« adapter le droit du travail »
espagnol au contexte « d’urgence climatique »,
selon la ministre du Travail Yolanda Diaz sur la télévision publique
RTVE.
Le dispositif permet aux travailleurs de bénéficier d’un congé de quatre jours, payé par l’État, en cas d’alerte émise par les autorités, qu’il s’agisse « d’une mairie, d’une région ou du gouvernement central »
, poursuit Yolanda Diaz, figure du parti d’extrême gauche Sumar. Cette politique publique est née en réponse aux inondations du 29 octobre 2024 dans le sud-est du pays qui avaient causé le décès de 230 personnes.
Malgré l’alerte rouge émise par l’Agence météorologique nationale (Aemet), de nombreuses entreprises espagnoles avaient demandé à leurs salariés de rester au travail. Plusieurs d’entre elles ont été mises en cause par la suite. Avec une durée de quatre jours, les entreprises du pays peuvent désormais recourir aussi au chômage partiel, autre dispositif qui peut être activé en « cas de force majeure »
, selon le gouvernement du pays ibérique.




