Le groupe franco-allemand KNDS, au cœur du projet de char du futur MGCS, a annoncé mercredi le placement « dans les prochaines semaines » de 20% de son capital sur le marché, lançant l’une des plus importantes introductions en Bourse récentes dans la défense européenne.
Ce projet illustre l’ambition européenne d’un réarmement du continent face à la menace grandissante de la Russie et aux tensions avec les Etats-Unis de Donald Trump.
« L’Europe entre dans une nouvelle ère en matière de défense et de sécurité. Les forces armées se modernisent à grande vitesse et reconstituent des capacités essentielles de défense terrestre. KNDS est idéalement positionné pour accompagner cette évolution », a vanté Jean-Paul Alary, directeur général du groupe, dont le siège est à Amsterdam.
Créé en 2015 par la fusion du groupe français Nexter, alors détenu par l’Etat français, et de l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, KNDS est l’un des acteurs clé de l’industrie européenne de défense terrestre face à la concurrence américaine (General Dynamics/GDLS).
Cette annonce survient deux jours après celle d’un accord entre Paris et Berlin sur la gouvernance paritaire de cette entreprise qui fournit des chars, des véhicules blindés de transport de troupes, des canons Caesar, très prisés en Ukraine, ainsi que des ponts portables et des véhicules robotisés.
L’opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d’euros, écrit Bloomberg, avec une cotation prévue à Paris et Francfort.
L’entreprise lance son projet boursier après l’introduction en Bourse record de SpaceX à Wall Street, et elle a dû tenir compte, selon les médias, d’une tentative récente de son rival tchèque dans les munitions, CSG NV, qui voulait prendre une participation à son capital.
Interrogé à ce sujet lors d’une conférence téléphonique avec les médias, M. Alary s’est borné à dire que l’ensemble de KNDS reste « concentré sur l’introduction en Bourse » ainsi que « sur la feuille de route stratégique ».
Le prix de cession de l’action, qui fait encore l’objet « d’intenses discussions », selon le dirigeant, n’a pas encore été révélé.
« Nous sommes convaincus que la valeur pour les investisseurs est bien là », a déclaré quant à lui le directeur financier de KNDS, Philippe Balducchi.
Cette opération vise uniquement des investisseurs institutionnels, ce qui devrait permettre d’aller plus vite que s’il avait fallu convaincre des particuliers.











