Les festivités entourant le Concours Eurovision de la Chanson jusqu’à la finale du 16 mai ont commencé dimanche à Vienne avec des milliers de fans du monde entier, malgré un appel au boycott lancé en raison de la présence d’Israël.
La capitale autrichienne sort le grand jeu pour accueillir la 70e édition du télé-crochet le plus suivi de la planète: elle prévoit une multitude d’événements hors les murs à destination des touristes et des habitants.
Elle a déroulé le tapis – qui à l’Eurovision n’est pas rouge mais turquoise – pour accueillir un défilé des 35 délégations des pays participants, dans le cadre d’une cérémonie d’ouverture chamarrée.
« On sent beaucoup d’énergie positive, les gens ont le sourire, ils sont très chaleureux », a déclaré à l’AFP en robe de soirée Monroe, la candidate représentant la France au cours de ce marathon de selfies.
Essyla, qui va chanter pour la Belgique, trouve « les Viennois incroyablement gentils ». « Tout se passe très bien », dit-elle entourée de ses quatre danseurs en répondant inlassablement aux nombreux médias spécialisés.
Aujourd’hui, le concours atteint plus de 170 millions de personnes à la télévision et en ligne dans le monde entier, et son contenu génère des milliards de vues sur les plateformes numériques.
La Finlande, grande favorite selon les parieurs en ligne, espère décrocher la timbale avec un duo mariant un chanteur ténébreux, Pete Parkkonen, à une lumineuse violoniste, Linda Lampenius.
La Grèce, le Danemark, la France et l’Australie sont également bien placés, la star Delta Goodrem ayant bénéficié d’un financement public de Canberra pour soutenir la diplomatie culturelle.
Le candidat israélien Noam Bettan pourrait aussi tirer son épingle du jeu avec un titre partiellement interprété dans la langue de Molière.
A cause de la participation d’Israël, les diffuseurs de l’Espagne, de l’Irlande, de l’Islande, des Pays-Bas et de la Slovénie ont annoncé leur défection.
– Centaines de policiers –
Ils lui reprochent la conduite de la guerre menée à Gaza en représailles à l’attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.
Plus d’un millier d’artistes ou de groupes ont également appelé au boycott.
Samedi, selon l’agence APA, des militants propalestiniens ont couvert à coups de sifflets et à l’aide d’un mégaphone les discours dans le centre de Vienne de la ministre des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, et du maire de Vienne, Michael Ludwig, à l’occasion de la Journée de l’Europe.
Ils protestaient contre la participation d’Israël à l’Eurovision.
Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, qui a annoncé sa venue, a lui déclaré au média Augsburger Allgemeine que l’appel au boycott l’avait fait « souffrir ».
« Je me suis très tôt engagé pour qu’Israël puisse chanter et j’ai porté cette cause jusqu’au plus haut niveau politique. Je suis heureux qu’Israël puisse maintenant chanter et je pars donc pour Vienne, où je me réjouis de l’événement », a-t-il dit.
Et alors que les règles avaient été changées en raison des appels d’Israël à voter massivement pour sa candidate l’année dernière, Martin Green, le directeur du concours, a « émis une lettre d’avertissement officielle » au diffuseur israélien KAN.
« Vendredi, il nous a été signalé que des vidéos avec une instruction de voter 10 fois pour Israël avaient été diffusées », a-t-il écrit samedi dans une déclaration.
« Nous avons contacté la délégation de KAN pour leur demander de retirer les vidéos de toutes les plateformes où elles avaient été publiées », a-t-il ajouté.
« Utiliser un appel direct à l’action pour voter 10 fois pour un artiste ou une chanson n’est pas conforme à nos règles ni à l’esprit du concours », a-t-il souligné.
Afin d’éviter tout dérapage, l’évènement est placé sous très haute sécurité et plusieurs centaines de policiers seront mobilisés chaque jour jusqu’à la finale de samedi.
David Schuler, un fan ingénieur âgé de 30 ans, venu de Munich en Allemagne et portant fièrement un drapeau européen sur son t-shirt, dit « comprendre les protestations ».
« Le comportement de la délégation israélienne ces dernières années méritait certes d’être critiqué, mais l’UER a pris sa décision » de ne pas exclure Israël « il faut bien sûr s’y conformer désormais », a-t-il estimé auprès de l’AFP.
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