- La Fifa a imposé deux pauses hydratation pour chaque rencontre du Mondial 2026.
- Celles-ci permettent aux joueurs de se rafraîchir deux fois par mi-temps, mais aussi d’offrir une fenêtre supplémentaire pour diffuser de la publicité.
- TF1info vous explique pourquoi ces intermèdes sont très loin de faire l’unanimité.
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Coupe du monde 2026 : les Bleus en quête d’une 3e étoile
C’est la nouveauté la plus remarquée de ce Mondial… et probablement aussi la plus critiquée. Alors que des pauses sont déjà mises en place depuis 2014 lorsque la température est trop élevée, la Fifa a annoncé en décembre dernier que « des pauses d’hydratation de trois minutes
seront organisées lors des deux mi-temps de chaque match de la Coupe du monde »
. Et ce « indépendamment de l’endroit où se déroule la rencontre, de la température ou de la présence d’un toit »
, a précisé Manolo Zubiria, directeur de la compétition pour l’instance internationale.
La raison invoquée : « le bien-être des joueurs tout au long de la compétition »
, poursuit le communiqué, alors que plusieurs rencontres seront particulièrement affectées par la chaleur et les conditions météorologiques.
Sauf que si ces pauses hydratation ont été appréciées par les Brésiliens et les Marocains qui se sont affrontés sous 30°C samedi à New York (1-1), Qatariens et Suisses auraient par exemple pu se passer de ce double intermède en raison des 19°C affichés au thermomètre à San Francisco (1-1).
Et c’est bien cette obligation qui crispe les principaux acteurs. « S’il fait vraiment chaud, c’est une bonne chose de les mettre en place. Mais il faut, à mon avis, examiner la situation au cas par cas, pour chaque match »
, a déclaré le capitaine néerlandais Virgil van Dijk après le match nul de son équipe contre le Japon (2-2). « Je pense que ce n’est pas génial non plus pour les spectateurs qui regardent à la télévision »
, a ajouté le défenseur de Liverpool au micro de la BBC.
On joue quatre quart-temps
On joue quatre quart-temps
Didier Deschamps sur TF1
Du côté des sélectionneurs, les nouvelles pauses hydratation ne laissent guère place à un fort enthousiasme. « Je n’aime pas ça
, a lâché l’Argentin Mauricio Pochettino, en marge de la victoire des États-Unis contre le Paraguay (4-1). Je l’aime seulement quand les conditions sont extrêmes, mais quand les conditions sont bonnes, c’est inutile. »
Même son de cloche chez Didier Deschamps, qui s’est exprimé sur le sujet lors de la tournée américaine en mars. « On joue quatre quart-temps »,
a constaté le sélectionneur au micro de TF1 lors de Brésil-France (1-2). « Si vous êtes dans un temps fort, les trois minutes, ça coupe tout. Ça peut aider si vous êtes moins bien, mais si vous êtes proche de faire plier l’adversaire… »
, a-t-il ajouté, allant jusqu’à dénoncer un changement majeur dans le football avec ce nouveau point de règlement.
Pour moi, c’est davantage une pause coaching qu’une pause fraîcheur
Pour moi, c’est davantage une pause coaching qu’une pause fraîcheur
Rudi Garcia, sélectionneur de la Belgique
Car si ces quelques minutes permettent aux joueurs de souffler et de se rafraîchir, les staffs en profitent aussi pour transmettre leurs consignes aux joueurs, sur le modèle des temps morts dans d’autres disciplines (basketball, handball, volleyball…). « Pour moi, c’est davantage une pause coaching qu’une pause fraîcheur »
, a expliqué Rudi Garcia, à la veille de l’entrée en lice de la Belgique face à l’Égypte (à 21h00 ce lundi).
« Si on est assez malins, cela peut avoir un impact. Pendant nos deux matchs amicaux, c’était intéressant de pouvoir passer des consignes tactiques supplémentaires
, a reconnu le sélectionneur des Diables rouges. C’est une très bonne chose et demain (lundi), avec le temps qui s’annonce plus chaud, l’hydratation sera importante pour les joueurs mais aussi pour le terrain. »
Interrogés des journalistes néo-zélandais, les Kiwis Callum McCowatt et Elijah Just ont eux défendu les pauses hydratation. « Je pense que cela contribue à améliorer le niveau de jeu »
, a répondu le premier, surtout sur la côte est où « l’humidité est très élevée »
. « C’est évidemment utile d’avoir cette petite pause pour s’hydrater. Lors de nos matchs de préparation, il faisait extrêmement chaud »
, a déclaré le second. Sans feindre l’existence de raisons commerciales puisque la Nouvelle-Zélande dispute son premier match dans la nuit de lundi à mardi contre l’Iran au SoFi Stadium de Los Angeles. « C’est un stade couvert, donc peut-être que les pauses hydratation ne sont pas tant nécessaires pour les joueurs que pour des raisons commerciales »
, a concédé le défenseur de Motherwell, en Écosse.
Une manne financière pour les diffuseurs
« Les diffuseurs sont contents, il y a plus de publicité »
, avait aussi objecté en mars Didier Deschamps, un brin moqueur. Car ces nouveaux spots sont exploités par les diffuseurs qui en profitent pour valoriser ces quelques instants de respiration auprès des annonceurs. Une stratégie assumée par M6 en France, mais refusée par la chaîne hispanophone Telemundo TV, qui diffuse le Mondial sur le territoire américain. Malgré la manne financière en jeu.
« Nous préférons la jouer à l’ancienne. Nous voulons voir ce que font les joueurs. Nous montrons les supporters, les gens qui prennent du plaisir, pas la direction commerciale du football »
, a justifié le commentateur lors de la première pause hydratation entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine. En tant que chaîne publique, la BBC n’a elle pas le droit de diffuser de publicités pendant ces quelques minutes au Royaume-Uni.
C’est le ballon qui est censé être la star
C’est le ballon qui est censé être la star
Jürgen Klopp, ancien entraîneur de Liverpool
Car au pays du « soccer », certains dénoncent une « américanisation » du football avec plus de « show » et de revenus générés. « Le football est pris en otage par des dirigeants installés dans des bureaux climatisés »
, a critiqué Jürgen Klopp sur le plateau de la chaîne de télévision allemande ZDF.
« Le football était autrefois l’événement principal, mais il risque désormais de devenir la musique de fond d’un spectacle publicitaire »
, a également estimé l’ancien entraîneur de Liverpool, regrettant que les pauses fraîcheur ne soient en réalité « qu’une cage dorée construite pour les sponsors »
. « C’est le ballon qui est censé être la star »
, a-t-il martelé.
À voir si ces deux intermèdes seront pérennisés lors de la prochaine édition organisée conjointement par le Portugal, le Maroc et l’Espagne en 2030, où les températures pourraient être au moins aussi élevées…











