Afrique du Sud, Johannesburg. COURRIER INTERNATIONAL.
“Des drones, des cellules de crise et une présence sur le terrain renforcée.” Le titre de l’hebdomadaire sud-africain Sunday Times résume l’état de tension de l’Afrique du Sud alors qu’un mouvement appelle à manifester contre les migrants, le 30 juin, s’inscrivant dans un contexte de mobilisation violente visant les étrangers depuis plusieurs semaines. Soutenu par des dizaines d’organisations et de partis politiques, le mouvement March and March a également fait de cette date un ultimatum, intimant aux étrangers de quitter le pays.
Effrayés, les Africains s’exécutent par milliers. Le Ghana, le Nigeria, le Mozambique, le Malawi ont pris des mesures pour rapatrier leurs ressortissants. À Durban, plus de 11 000 Malawites ayant fui leur domicile sont rassemblés sur un vaste parking alors que Pretoria et Lilongwe tentent de les évacuer depuis des jours, raconte le Daily Maverick.
“Cette fois, nous sommes prêts”
Si le mot d’ordre de March and March fait peur, c’est aussi parce qu’il s’accompagne d’une intense campagne de haine déployée sur les réseaux sociaux depuis des semaines. Sur le terrain, des marches parties de la province du Kwazulu-Natal sont de plus en plus violentes. Les manifestations visent majoritairement les ressortissants étrangers sans papiers, accusés d’être responsables de la hausse de la criminalité dans le pays et de “voler” les emplois des Sud-Africains. Le 19 juin, à Pietermaritzburg, un père de famille de 29 ans originaire du Malawi a été battu à mort dans un élan de “pure xénophobie”, rapporte News 24.
“Cette fois, nous sommes prêts”, la une de l’édition du 28 juin 2026 du “Sunday Times”, un quotidien installé à Johannesburg..
En plus du déploiement de drones et d’hélicoptères, le gouvernement sud-africain a mobilisé près de 10 000 policiers sur le terrain. “Cette fois, nous sommes prêts”, assurent les autorités en une de la dernière édition du Sunday Times, alors que le spectre des émeutes de 2021 plane sur les événements.
En juillet 2021, plusieurs journées de violences et de pillages avaient fait plus de 350 morts, et faisaient suite à l’arrestation de l’ancien président accusé de corruption Jacob Zuma, condamné à quinze mois de prison pour outrage à la justice et dont les partisans ont déclenché des violences à travers le pays.
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