lundi, juin 8

Depuis quelque trois mois, les étrangers sont, de plus en plus, traqués tels des gibiers en Afrique du Sud. Tant et si bien que des pays comme le Ghana, le Nigeria, le Mozambique, pour ne citer que ceux-là, ont décidé de rapatrier leurs ressortissants victimes d’actes xénophobes.

Si ces pays font preuve de responsabilité, on ne peut pas en dire autant pour l’Afrique du Sud. C’est d’autant plus vrai que les autorités de ce pays semblent impuissantes, pour ne pas dire complices de ces violences xénophobes. À preuve, l’“opération Dudula”, mouvement à l’origine des récentes violences xénophobes, n’est inquiétée ni par l’exécutif ni par la justice sud-africaine. Et comme le dit l’adage, qui ne dit rien consent.

Si des villes comme Johannesburg, Pretoria, Durban sont devenues aujourd’hui des prisons à ciel ouvert pour les migrants, c’est sans nul doute parce que les autorités l’ont voulu. Le simple fait que le gouvernement sud-africain n’ait pas pris à bras-le-corps le problème montre à souhait qu’il s’en soucie comme d’une guigne.

On est d’autant plus fondé à le penser que les cas de xénophobie qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires se comptent sur les doigts d’une main. Toujours est-il que l’attitude des autorités sud-africaines est plus que suspecte.

Détruire la mémoire de l’apartheid

De toute évidence, ces rapatriements de migrants constituent un déshonneur pour la nation arc-en-ciel, qui se veut un melting-pot.

En fait, les Sud-Africains semblent avoir la mémoire courte. Ont-ils déjà oublié l’immense soutien dont ils ont bénéficié pendant l’apartheid, de la part de pays africains ? Nelson Mandela devrait se retourner dans sa tombe ; lui qui avait fait de l’intégration africaine l’un de ses combats. C’est regrettable que ses héritiers se montrent incapables de chausser ses bottes.

Pendant que nombre de pays africains font la promotion de l’intégration africaine en supprimant visas et autres restrictions, l’Afrique du Sud préfère ramer à contre-courant.

C’est vrai que le pays compte 3 millions d’étrangers et fait face à des taux de chômage et de criminalité élevés. Mais ces problèmes sociaux ne sauraient justifier la chasse aux étrangers. Si de nombreux Sud-Africains tirent le diable par la queue, ce n’est pas du fait des étrangers. Si des Sud-Africains n’ont pas d’emploi, ce n’est pas à cause des étrangers.

[…] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Share.
Exit mobile version