Wafi Faouzi vit en France depuis trente ans. Depuis un accident de moto, en 2022, il ne peut plus travailler comme boucher et se retrouve allocataire du revenu de solidarité active (RSA), en attendant une éventuelle pension d’invalidité. Père de deux enfants, le natif de Tunis est pour la première fois de sa vie sans activité, désœuvré. Il n’a pas hésité longtemps avant de trouver une façon de mettre à profit ce temps qu’il n’a jamais eu. En 2025, il a suivi le processus d’évaluation en français, lancé par le réseau Apprendre le français en Seine-Saint-Denis.
Lors d’un rendez-vous à Bobigny, son niveau oral et écrit a été mesuré. Après trente ans sur le territoire et la nationalité française, Wafi Faouzi ne sait toujours pas lire et écrire. « J’aurais aimé avoir la possibilité d’apprendre plus tôt, mais je n’y pense pas. L’important, c’est d’avancer. Et maintenant, j’ai hâte de commencer mes cours », s’enthousiasme-t-il. C’est son conseiller France Travail qui l’a aiguillé vers ce programme. « Pour un conseiller emploi classique, ce n’est pas évident de diagnostiquer précisément les besoins de la personne en langue », explique Sarah Jacquard, évaluatrice de français à la permanence de Bobigny pour le réseau, qui a orienté Wafi Faouzi vers des cours deux fois par semaine.
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