De plus en plus d’Américains choisissent de quitter les États-Unis pour s’installer durablement à l’étranger avec leur famille. “L’Amérique, terre d’immigration, serait-elle en train de devenir un pays d’émigration ?” interroge The Wall Street Journal.
En 2025, pour la première fois depuis la Grande Dépression, en 1929, le pays a enregistré un solde migratoire négatif : le nombre de départs a dépassé celui des arrivées et la population a diminué d’environ 150 000 personnes – un chiffre probablement sous-estimé.
“Dans les rues pavées de Lisbonne, les Américains s’arrachent les appartements à tel point que les nouveaux arrivants se plaignent de n’entendre parler que leur propre langue et non le portugais, constate le quotidien. À Dublin, dans le quartier branché de Grand Canal Dock, un habitant sur quinze est né aux États-Unis, selon les agents immobiliers. À Bali, en Colombie, en Thaïlande, les difficultés pour se loger du fait de la présence de télétravailleurs américains payés en dollars ont incité les populations locales à manifester contre la gentrification.”
Sans parler des quelque 100 000 jeunes Américains qui poursuivent leurs études à l’étranger et des milliers de séniors pensionnaires dans les maisons de retraite “qui poussent comme des champignons” de l’autre côté de la frontière mexicaine.
Aucune base de données ne recense précisément les 4 à 9 millions d’Américains qui vivent déjà hors des États-Unis. Une chose est sûre : depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les chiffres explosent, au point que certains commentateurs ont baptisé cette vague d’émigration la “Donald Dash” (littéralement la “ruée Donald”).
L’exception américaine en question
Pourtant, tout indique que le phénomène vient de plus loin. “Le nouveau rêve américain consiste à ne plus vivre aux États-Unis”, écrit le Wall Street Journal. “Dans des dizaines d’entretiens, des expatriés américains décrivent leurs motivations comme un enchevêtrement de motifs économiques, de préférences quant au style de vie et de désenchantement face à la trajectoire de l’Amérique – ils mentionnent la criminalité, le coût de la vie et l’instabilité politique.”
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