- En janvier dernier, le piton de la Fournaise entrait en éruption après plus de deux ans de sommeil.
- La lave a traversé la forêt pour rejoindre l’océan indien.
- Une plage de huit hectares s’est depuis formée, scrutée de près par les scientifiques mais aussi par les touristes.
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Le 20H
« C’est magique comme paysage
« . En vacances sur l’île de la Réunion, ce couple de Bretons n’aurait manqué pour rien au monde un détour au pied du piton de la Fournaise. C’est là que, durant plusieurs semaines, la lave s’est répandue dans le sillage de l’éruption du volcan, avant de se déverser dans l’océan. Résultat, une nouvelle plage unique au monde, observable depuis seulement un mois.
« On a gagné 8 hectares. Ça peut paraître peu, mais c’est comme ça que la Réunion augmente sa surface au fur et à mesure sur des temps géologiques
« , a expliqué à TF1 Alice Peltier, directrice de l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise. Dans le reportage en tête de cet article, la scientifique explique que trois bras de coulée se sont formés, notamment le bras principal qui est le plus large et a créé une plateforme s’avançant sur l’eau. « De la rencontre entre l’eau et le feu est née la plus jeune plage du monde. C’est ce qui rend ce cru 2026 si particulier.
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Un fleuve de feu qui a fait des tunnels
Un fleuve de feu qui a fait des tunnels
Alain Bertil
Ce laboratoire à ciel ouvert est une aubaine pour les équipes de l’observatoire. À l’aide d’une caméra thermique, elles effectuent les premiers relevés de température. « On va voir comment ça se refroidit, voir comment se sont affaissées les coulées, voir si on peut commencer à remarcher dessus. Là, on est à 302 degrés, au point le plus chaud »
« , explique Alice Peltier.
Si le volcan est un objet d’étude passionnant pour les uns, il reste un sacré casse-tête pour les autres. En mars, la lave a en effet traversé et coupé la seule route reliant le sud et l’est de l’île. Depuis, les riverains doivent faire un détour de deux heures et demie. La lave a à peine eu le temps de refroidir en surface que les ouvriers ont déjà attaqué ces travaux hors norme. « La difficulté lorsqu’on réalise ce chantier, c’est également de ne pas tomber sur des tunnels de lave
« , détaille Eric Boiteux, directeur d’exploitation et d’entretien des routes sur l’île. Au total, 1,5 million d’euros ont été nécessaires pour remettre la voie en état et permettre une réouverture totale à la circulation dans quelques jours.
Pour éviter les pièges de ce terrain hostile, ils ont pu compter sur l’expertise d’Alain Bertil, un chasseur de lave, l’un des premiers à avoir exploré les lieux. « Il faut s’imaginer qu’avant que ce soit une cascade figée, comme ce qu’on voit ici, c’était un fleuve de feu qui a même fait des tunnels pour pouvoir avancer plus vite
, assure ce passionné. Vidéaste amateur, il ne rate jamais aucune éruption, quitte à braver les interdits pour être au plus près. « La lave, en passant ici, elle a détruit la forêt, elle a remis les compteurs à zéro. Mais il y a déjà des petites plantes qui commencent à repousser et il faut imaginer qu’ici, dans 20 ans, il y aura à nouveau une forêt
. »




