Les scientifiques sonnaient l’alerte depuis des mois : la planète est menacée par un « super-El Niño », plus puissant que la normale. Désormais, nous y sommes, alors que le pic de cette anomalie de température dans l’océan n’est pourtant attendu que pour la fin de l’année.
« El Niño est bien installé et va s’intensifier en un phénomène très puissant dans les mois à venir », indique l’Organisation météorologique mondiale (OMM) lors d’une nouvelle mise à jour [le 3 septembre].
Pour évaluer la puissance du phénomène, les scientifiques suivent la hausse de température dans une petite zone du Pacifique, dite « région El Niño 3.4″. « Nous vivons donc déjà actuellement un ‘super-El Niño’, souligne le climatologue de l’université de Liège Xavier Fettweis. « El Niño est lancé. Il n’y aura pas de retour en arrière possible. Sur la planète, des effets sont déjà visibles et iront en s’intensifiant. »
Vers un record jamais observé
Au fil des prochains mois, la température de cette zone de référence va continuer à monter, avec un pic attendu vers les mois de novembre décembre. Les derniers modèles du centre de référence européen ECMWF pour ce pic prévoient en moyenne une hausse de 3 °C, avec une marge d’erreur d’environ 0,5 °C. Ce pic de 2026 pourrait donc en gros se situer entre 2,5 °C et 3,5 °C. « Je n’ai jamais vu un tel phénomène se dessiner dans nos prévisions. Un pic dépassant les trois degrés est inédit dans les relevés climatiques modernes. On doit être clair : il s’agit d’un événement sans précédent », affirme pour sa part Adam Scaife, du service météo britannique.
Le phénomène El Niño..
Le phénomène El Niño.
Un pic de plus de 3 °C serait donc un record jamais observé, en sachant que les données des températures de l’eau datant d’avant l’ère satellitaire sont nettement moins fiables, indique Xavier Fettweis. « Avec une anomalie de température El Niño de 1,5 °C, 2 °C, 2,5 °C, on voit que les effets s’intensifient, parce qu’il fait plus chaud. Mais dans le climat, rien n’est linéaire, prévient le climatologue. Comme on pourrait faire face à des valeurs qu’on n’a jamais observées, il est possible qu’on dépasse un certain seuil et que cet El Niño génère des anomalies ailleurs que dans les zones connues, qu’elles s’inversent… On ne le saura qu’en décembre. »
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